CinéMagic

29 septembre 2016

DUSTIN HOFFMAN - PORTRAIT (JUILLET 2016)

Source : Studio Ciné Live - Juillet 2016

Il symbolise, avant De Niro et Pacino, l'arrivée des antihéros en tête d'affiche. Mais l'homme qui déroule la plus belle filmo des années 70 est, avant tout, un acteur d'exception, aussi exigeant qu'attachant. Un monument dont l'un des films phares, Little Big Man, ressort sur les écrans.

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Le lauréat

Du haut de son mètre quarante-cinq, Rady Harris dévisage Dustin Hoffman, vingt-deux centimètres de plus, à l'avant-première du Lauréat : "Vous êtes le jeune homme du film ?" La chanson générique de Simon & Garfunkel vient de s'achever, douce-amère, dans le bus au fond duquel Benjamin Braddock et son interprète interrogent leur avenir incertain. "J'ai alors eu une sensation bizarre, se souviendra le "jeune homme" ainsi interpellé. Cette critique si redoutée m'a dit en me pointant du doigt : "Rien ne sera plus pareil pour vous. Votre vie est changée pour toujours !" C'était comme une prophétie !" Décembre 1967. Dustin Hoffman a 30 ans et s'apprête à tutoyer la gloire. Bientôt, les filles coucheront sur son palier. Les studios se battront pour l'avoir.

"Mais, jusqu'à cet âge, j'avais tellement été rejeté, avouera-t-il, que je vivais sous le seuil de la pauvreté." Arrivé dix ans plus tôt à New York, partageant un appartement avec ses copains Robert Duvall et Gene Hackman, Dustin passe ses nuits d'insomnie au pied de leur réfrigérateur, occupant ses journées entre petits boulots et panouilles d'acteurs. "L'idée que nous puissions réussir ne nous traversait pas l'esprit, confessera Hackman ; nous voulions simplement travailler." Si ambition il y a, elle est en effet pragmatique et dénué de vanité. "On voulait y arriver, confirmera Hoffman, mais pas dans le sens actuel du terme, à savoir devenir riche et célèbre. Pour nous, il s'agissait de pouvoir gagner notre vie en jouant." Afin que Dustin prouve aux siens qu'ils avaient eu tort de ne lui trouver aucun talent ? 

Sa famille vient de loin. De Roumanie, d'Ukraine et de Pologne. Là où il ne fait pas bon d'être juif au début du XXe siècle, la fuite étant la seule alternative aux pogroms. C'est ce que fait le grand-père du comédien, venu s'établir comme barbier à Chicago. La crise de 1929 a raison de ses économies et de sa santé mentale ; l'aïeul finit sa vie aliéné. Pour conjurer la malédiction, son fils, Harry, s'exile à Hollywood avec son épouse, Lilian. Il rêve de faire carrière au cinéma. Mais sera obligé de vendre des meubles pour arrondir ses fins de mois de décorateur de plateaux à la Columbia.

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Aujourd'hui avec sa femme Lisa

Second enfant du couple, après son aîné Ronald, Dustin voit le jour en 1937. Sa mère l'a prénommé ainsi en hommage à l'acteur du muet Dustin Farnum. Ses copains de classe, voyant l'aubaine, le rebaptisent "Dustbin", qui signifie "poubelle". Outsider dès l'enfance, Hoffman doit se battre pour être respecté. Mais sa façon de faire le clown pour panser ses plaies cache mal les complexes d'un garçon de petite taille, affublé d'un nez proéminent et affecté d'une acné dont le temps n'effacera jamais les traces. "Jeune, dira Dustin, je n'avais pas d'identité propre. J'étais à l'extérieur de moi-même."

Alors que son père, échaudé par le 7e art, l'imagine médecin, le jeune homme se rêve jazzman. Jusqu'à ce qu'une évidence s'impose à lui : "J'étais mauvais élève, toujours à rêvasser. Des amis m'ont alors conseillé le théâtre." Lequel agit comme une thérapie : "J'ai joué une scène de La ménagerie de verre avec une étudiante et avant que je comprenne quoi que ce soit, la journée avait défilé." Adolescent transparent, Dustin devine aussi qu'il tient là un piège à filles. Il a plus de mal à convaincre sa famille. Se confiant à sa tante Pearl, il s'attire cette réflexion : "Tu es trop petit, trop moche, tu n'y arriveras jamais."

Conscient que le grand écran de la fin des années 50 est encore fermé aux physique comme le sien, Hoffman pense trouver son salut sur les planches. Inscrit au cours d'art dramatique de Pasadena, il part sur la côte Est afin, dira-t-il, d'"échouer loin de mes parents."

Ces derniers continuent toutefois de lui verser une pension, que Dustin s'empresse de dépenser chez le psy. Pour voir plus clair en lui ? Il ne manque pourtant pas de volonté et observe ses contemporains, lors de jobs d'appoint, qu'il soit aide-soignant dans un asile de fous ou plongeur de restaurants, quand il ne mute pas en séducteur, amoureux éperdu des seins féminins. Sa conquête d'Anne Byrne, danseuse à Greenwich Village, se fait en parallèle de rôles de plus en plus marquants à Broadway. L'un d'eux, où il joue un nazi travesti et bossu, lui vaut d'être repéré par Mike Nichols. Alors que le cinéaste songe à Robert Redford pour interpréter l'étudiant californien de sa prochaine étude de moeurs, la vision de Dustin lui fait remettre à plat le casting du Lauréat. Comment un beau gosse blond sans complexes incarnerait-il un timide étudiant ? Son puceau wasp sera un israélite trentenaire ! "Avoir choisi un petit juif inconnu comme premier rôle masculin, avec des scènes de sexe, est une anomalie, analyse cinquante ans plus tard le producteur et consultant de HBO, Frank Rich. En prenant Hoffman, Nichols a ouvert la porte à un nouveau type de têtes d'affiches, de Pacino à De Niro."

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Macadam cowboy, avec Jon Voight

Au-delà du constat, l'acteur exprime une sensibilité peu commune à cette époque dans le cinéma américain, entre retenue du jeu, connivence avec le spectateur et ironie. "Sa grande sobriété, observe le réalisateur Michal Muszlak, permettait que l'on s'identifie à lui." Dustin n'en retourne pas moins sur les planches, davantage par honnêteté intellectuelle et goût du défi que par coquetterie. "Je ne souhaitais pas devenir une star de cinéma, dira-t-il, mais un bon acteur. Et les scénarios que je recevais me semblaient médiocres en comparaison des pièces que je lisais. Comme j'étais très demandé, je pouvais me permettre de choisir avec discernement."

Pour Hoffman, désormais marié à Anne Byrne et père d'un enfant, c'est l'heure de l'accomplissement. La décennie qui suit lui appartient, l'acteur créant à chaque fois l'événement à travers ses rôles de composition, qu'il incarne le toxico informe de Macadam Cowboy, l'Indien centenaire de Little Big Man, le citadin revenu à l'état de nature des Chiens de paille, ou le journaliste responsable de la chute de Nixon dans Les hommes du président. Fregoli au service d'antihéros ne pouvant être réduits à leur seule vulnérabilité, il combine, mieux que personne, justesse et intensité comme en témoigne son interprétation hallucinée du roi du stand-up dans Lenny. Jamais son allure juvénile ne remet en cause sa crédibilité. Il n'y a qu'à le voir jouer, à 50 ans, le frère autiste de Tom Cruise pour s'en convaincre. "Dustin n'est pas un personnage, explique le réalisateur de Rain man, Barry Levinson. Il peut tout jouer et passer de la comédie au drame. Intelligent, sociable, il a, sur un tournage, l'enthousiasme de quelqu'un qui tournerait son premier long métrage."

Revers de la médaille : Hoffman peut aussi, par son professionnalisme extrême, représenter ce que la Méthode a de plus caricatural. Lui qui court à perdre haleine et s'oppose à la pure technique de Laurence Olivier dans Marathon Man, impose à Meryl Streep les conséquences de son propre divorce avec Anne, sur le plateau de Kramer contre Kramer. S'identifiant au père qui s'entredéchire avec son ex, il va jusqu'à terrifeir et gifler pour de bon sa partenaire. L'acteur en est quitte pour un Oscar et une réputation qui ne fait qu'empirer lors du tournage de Tootsie. "Travailler avec Dustin est une lutte permanente, concède Sydney Pollack, qui le traite "d'emmerdeur névrosé". Pourtant, ajoute-t-il, c'est aussi stimulant qu'une bonne partie de tennis !"

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Kramer contre Kramer, avec Meryl Streep

Du reste, l'homme qui, au travail, ne laisse rien passer est, au quotidien, chaleureux avec son public, délicieux auprès des médias, clown en compagnie de ses proches. Refaisant sa vie, dans les années 1980, avec Lisa Gottsegen, plus jeune que lui de vingt ans et qui lui fait quatre autres enfants, Hoffman reconsidère son existence différemment. La fin d'un cinéma d'auteur grand public ainsi que la déferlante de blockbusters à laquelle il est étranger, l'incitent à oeuvrer autrement et ailleurs. Au théâtre, où il triomphe, entre 1984 et 1985, dans Mort d'un commis voyageur. Sur grand écran, dans des films mineurs de Lumet ou de Spielberg, mais aussi pour ses seconds rôles et de pures comédies.

Les satisfactions éprouvées auprès des siens le consolent-elles de ce lent déclin et d'emplois qui n'ont plus la même importance ? "Même si vous avez été une star, Hollywood vous oublie très vite" admet l'acteur, passé, en 2012, à la mise en scène avec Quartet. "Je sens, disait-il encore récemment, que mon corps est plus vulnérable qu'il n'était. Mais mon ressenti est plus aigu, et mon âme plus dense." Comme si Dustin Hoffman avait  jamais eu l'intention d'abandonner la partie...

A près de 80 ans, il demeure le troublant reflet de notre humanité. Exrçant son art à la manière des maîtres japonais. Inimitable mélange d'orgueil et de modestie. 

 

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28 septembre 2016

NO ET MOI - 7,5/10

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Un film de Zabou Breitman (2009 - France) avec Julie-Marie Parmentier, Nina Rodriguez, Antonin Chalon, Zabou Breitman, Bernard Campan

Chronique adolescente douce-amère.

L'histoire : Lou a treize ans ; enfant précoce, elle a sauté plusieurs classes et reste intimidée, en cours, par ses camarades plus âgés, dont Lucas, le cancre et clown de service, dont elle est un peu amoureuse. A la maison, ce n'est pas terrible : sa mère vit une profonde dépression depuis la mort d'un bébé cinq ans auparavant, et son père tente de tenir le coup. Lou se sent délaissée, mal aimée, terriblement seule. Pour un exposé, elle décide de s'intéresser au monde terrible des SDF et réussit à obtenir d'une jeune fille de 19 ans, No, qu'elle lui explique pourquoi elle vit dans la rue. Une amitié naît entre elles et Lou demande à ses parents d'aider son amie, au lieu de se regarder le nombril. No s'installe chez eux, ravie, émerveillée. Lucas, qui vit seul dans un grand appartement, ses parents étant toujours absents, est sensible à la démarche de Lou et s'intègre au duo. Mais les traumatismes qui ont poussée No dans la rue ne sont jamais loin... 

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Mon avis : Quel joli film... et malin avec ça. Au début, on n'y croit pas plus que ça, et puis ces gosses nous arrachent le coeur, chacun à leur manière. Tout est très juste et Zabou Breitman fait ici une nouvelle fois la preuve de son grand talent et de sa sensibilité. 

Un peu d'originalité dans le scénario, ça fait du bien. Les SDF adultes, beaucoup ont déjà évoqué le sujet ; une jeune SDF de 19 ans, moins. Il y avait bien le Sans toit ni loi, âpre et dur, d'Agnès Varda. Mais depuis, rien, sauf erreur ou omission. Sujet difficile qui nous met encore plus mal à l'aise, car si on peut facilement écarter toute responsabilité vis-à-vis d'un vieux clochard (un gros feignant forcément)... on se pose davantage de question sur un môme, isolé et sans famille... Zabou Breitman ne tombe pas non plus dans le piège du mélo, avec une héroïne douce, fragile, paumée. Non. Il n'est pas aisé de s'attacher à No, de même qu'il n'était pas aisé de comprendre Mona, vraiment borderline et peu sympathique (d'autant que la réalisation de Varda était, à mon goût, un peu zarbi). Mais Breitman montre une plus grande subtilité de ton ; elle nous explique les choses, elle nous fait aimer No. J'aime bien savoir comment les personnages sont arrivés au moment où nous les découvrons ; on comprend tellement mieux leur psychologie, on se sent tellement plus en empathie, même si le héros est plein d'aspérités.

Le film s'inspire d'un roman de Delphine de Vigan.

Les jeunes acteurs montrent un talent exceptionnel : on le savait déjà pour Julie-Marie, qu'on ne voit hélas pas assez au cinéma et que j'ai toujours trouvée très intéressante ; on s'en doutait moins pour Antonin Chalon (fils de Zabou) qui confirme ce qu'on a aperçu déjà une ou deux fois ; j'ai hâte de le revoir, ainsi que l'adorable petite Nina Rodriguez qui oscille à merveille entre la pré-ado un peu innocente, un peu naïve qu'elle est, et la jeune fille précoce qui finalement se sent bien auprès de ces amis beaucoup plus âgés.

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J'ai aussi aimé que ces trois enfants soient tous des laissés pour compte, des mômes sans repère, et ce malgré des classes sociales différentes. On en voit tellement autour de nous, des gosses mal aimés, des gosses qu'on oublie, trop préoccupés par d'autres soucis... parfois fort égoïstes. Drôle de société.

Bref. Un joli film, touchant, émouvant et triste, sans aucun pathos. Et même un brin de fantaisie (courtes incrustations de dessins animés).

La critique est en général excellentes. Quelques uns n'ont pas aimé, comme Télérama : "D'emblée, on peine à croire à ce conte de fée urbain, cette histoire de résilience un poil trop rassurante entre une SDF et une petite fille modèle." Je n'ai rien vu de rassurant dans ce film ! Et la petite fille est loin d'être "modèle", elle est brisée par l'attitude de sa mère indifférente, déstabilisée par l'âge de ses camarades de classe, et prouve une effroyable lucidité.

 

27 septembre 2016

JULIETTE BINOCHE - BIOGRAPHIE

Juliette Binoche, née le 9 mars 1964 dans le 12e arrondissement de Paris, est une actrice française. 

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Enfance et jeunesse

Fille de Jean-Marie Binoche, mime, metteur en scène et sculpteur, et de Monique Stalens, comédienne, elle est la sœur de la photographe de plateau Marion Stalens. Juliette Binoche s'initie très tôt aux cours d'art dramatique de sa mère, puis de Véra Gregh. À 17 ans, elle entre au conservatoire. Une fois son baccalauréat décroché, elle entre au Conservatoire national supérieur d'art dramatique. Après avoir joué dans quelques pièces de théâtre tout en travaillant comme caissière dans un grand magasin, tourné quelques publicités télévisées, elle débute au cinéma auprès de metteurs en scène renommés comme Jean-Luc Godard, Jacques Doillon ou André Téchiné.

Carrière

C'est sur le tournage de Mauvais Sang en 1986, qu'elle rencontre le réalisateur Leos Carax et devient sa compagne. Ils se séparent pendant le tournage des Amants du Pont-Neuf. C'est son interprétation face à Daniel Day-Lewis dans L'Insoutenable Légèreté de l'être (1987) ou dans Fatale (1992) face à Jeremy Irons qui la propulse au niveau international.

En 2008, Juliette réalise une tournée mondiale de danse contemporaine avec le chorégraphe anglais d'origine bangladeshi Akram Khan pour le spectacle In I

En 2010, elle remporte le Prix d'interprétation féminine lors du 63e Festival de Cannes pour Copie conforme d'Abbas Kiarostami. Cette distinction la place parmi les actrices les plus récompensées au monde, car outre son Oscar et son César, elle a la spécificité d'être la seule actrice avec Julianne Moore à avoir réussi le « grand chelem », à savoir être primée dans les trois plus grands festivals de cinéma internationaux que sont Cannes, Venise et Berlin. 

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Dans Camille 1915

Début 2016, elle annonce la création d'une société de production - We do it together - dont le but est de promouvoir la place de la femme dans le monde du cinéma. Jessica Chastain, Queen Latifah, entre autres, l'accompagnent dans ce projet.

Vie privée

Elle a partagé la vie de Leos Carax de 1986 à 1991. Elle entretient ensuite une relation avec André Hallé dont naîtra Raphaël le 2 septembre 1993. Elle est ensuite en couple avec Olivier Martinez de 1995 à 1997, puis de 1999 à 2003 avec Benoît Magimel avec qui elle a eu une fille née le 16 décembre 1999, Hana. De 2005 à 2009, elle est la compagne du réalisateur argentin Santiago Amigorena.

Filmographie Cinéma

  • 1983 : Liberty belle de Pascal Kané  
  • 1985 : Je vous salue, Marie de Jean-Luc Godard  
  • 1985 : Les Nanas de Annick Lanoë  
  • 1985 : La Vie de famille de Jacques Doillon  
  • 1985 : Adieu blaireau de Bob Decout 
  • 1985 : Rendez-vous de André Téchiné  
  • 1985 : Le Meilleur de la vie de Renaud Victor  
  • 1986 : Mon beau-frère a tué ma sœur de Jacques Rouffio 
  • 1986 : Mauvais Sang de Leos Carax  
  • 1988 : L'Insoutenable Légèreté de l'être de Philip Kaufman 
  • 1989 : Un tour de manège de Pierre Pradinas 
  • 1991 : Les Amants du Pont-Neuf de Leos Carax
  • 1992 : Les Hauts de Hurlevent de Peter Kosminsky
  • 1992 : Fatale de Louis Malle 
  • 1993 : Trois couleurs : Bleu de Krzysztof Kieślowski
  • 1994 : Trois couleurs : Blanc de Krzysztof Kieślowski
  • 1994 : Trois couleurs : Rouge de Krzysztof Kieślowski 
  • 1995 : Le Hussard sur le toit de Jean-Paul Rappeneau 
  • 1996 : Un divan à New York de Chantal Akerman 
  • 1996 : Le Patient anglais de Anthony Minghella 
  • 1998 : Alice et Martin de André Téchiné 
  • 1999 : Les Enfants du Siècle de Diane Kurys 
  • 2000 : La Veuve de Saint-Pierre de Patrice Leconte
  • 2000 : Code inconnu de Michael Haneke 
  • 2000 : Le Chocolat de Lasse Hallström 
  • 2002 : Décalage horaire de Danièle Thompson 
  • 2004 : In My Country de John Boorman 
  • 2005 : Caché, de Michael Haneke 
  • 2005 : Les Mots retrouvés de Scott McGehee et David Siegel 
  • 2005 : Mary de Abel Ferrara 
  • 2005 : Paris, je t'aime de Nobuhiro Suwa (segment 2e arrondissement)
  • 2006 : Quelques jours en septembre de Santiago Amigorena 
  • 2006 : Par effraction de Anthony Minghella 
  • 2007 : Coup de foudre à Rhode Island de Peter Hedges
  • 2007 : Le Voyage du ballon rouge de Hou Hsiao-hsien 
  • 2008 : Paris de Cédric Klapisch 
  • 2008 : Désengagement d'Amos Gitaï 
  • 2008 : L'Heure d'été d'Olivier Assayas 
  • 2010 : Copie conforme d'Abbas Kiarostami
  • 2011 : Un flic pour cible de Dito Montiel
  • 2012 : Elles de Małgorzata Szumowska 
  • 2012 : La Vie d'une autre de Sylvie Testud 
  • 2012 : Cosmopolis de David Cronenberg  
  • 2012 : À cœur ouvert de Marion Laine 
  • 2013 : Camille Claudel 1915 de Bruno Dumont
  • 2013 : Lessons in Love de Fred Schepisi 
  • 2013 : L'Épreuve d'Erik Poppe 
  • 2014 : Sils Maria d'Olivier Assayas 
  • 2014 : Godzilla de Gareth Edwards 
  • 2015 : Personne n'attend la nuit d'Isabel Coixet
  • 2015 : The 33 de Patricia Riggen 
  • 2015 : L'attesa de Piero Messina 
  • 2015 : 7 Letters 
  • 2016 : Ma loute de Bruno Dumont 
  • 2016 : Polina de Angelin Preljocaj 
  • 2016 : Ghost in the Shell de Rupert Sanders 
  • 2016 : Telle mère telle fille de Noémie Saglio

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Avec l'équipe de Quelques jours en septembre

Télévision

  • 1983 : Fort bloqué de Pierrick Guinard 
  • 1983 : Dorothée, danseuse de corde de Jacques Fansten 
  • 1991 : Women and Men 2 : In Love There Are No Rules  
  • 2015 : Antigone at the Barbican de Ivo van Hove 

Théâtre, danse, et chanson  

  • 1977 : Le Malade imaginaire de Molière
  • 1977 : Le Jeu de la feuillée d'Adam de la Halle
  • 1979 : L'Ours d'Anton Tchekhov
  • 1980 : Le roi se meurt d'Eugène Ionesco
  • 1981 : Henri IV de Luigi Pirandello 
  • 1982 : L'Argent de dieu de Michel Dodane 
  • 1988 : La Mouette d’Anton Tchekhov 
  • 1991 : introduction de la chanson Punishment Park d'Indochine.
  • 1997 : Naked de Luigi Pirandello,
  • 2000 : Betrayal d'Harold Pinter
  • 2008 : In I créé et dansé avec Akram Khan 
  • 2011 : Mademoiselle Julie d'August Strindberg 
  • 2015 : Antigone de Sophocle 

Récompenses

  • 1986 : Prix Romy Schneider : meilleur espoir pour Rendez-vous
  • 1992 : Prix du cinéma européen : meilleure actrice européenne pour Les amants du Pont-Neuf
  • 1993 : Mostra de Venise : meilleure interprète féminine pour Trois couleurs : bleu
  • 1993 : Prix Pasinetti : meilleure actrice pour Trois couleurs : bleu
  • 1993 : Caméra de la Berlinale : contribution spéciale
  • 1994 : Césars : meilleure actrice pour Trois couleurs : bleu
  • 1994 : Prix Sant Jordi du cinéma : meilleure actrice étrangère pour Trois couleurs : bleu
  • 1994 : Prix Sant Jordi du cinéma : meilleure actrice étrangère pour Fatale
  • 1994 : Prix Sant Jordi du cinéma : meilleure actrice étrangère pour Les amants du Pont-Neuf
  • 1996 : Chlotrudis Awards : meilleure actrice dans un second rôle pour Le patient anglais
  • 1997 : Festival de Cabourg : meilleure actrice pour Le patient anglais
  • 1997 : Prix du cinéma européen : meilleure actrice européenne pour Le patient anglais
  • 1997 : Berlinale : meilleure actrice pour Le patient anglais
  • 1997 : BAFTA : meilleure actrice dans un second rôle pour Le patient anglais
  • 1997 : Oscars : meilleure actrice dans un second rôle pour Le patient anglais
  • 2001 : Prix du cinéma europeen : meilleure actrice européenne pour Le chocolat
  • 2010 : Hawaii International Film Festival : meilleure actrice pour Copie conforme
  • 2010 : Georgia Films Critics Association Awards : meilleure actrice pour Copie conforme
  • 2010 : Festival de Cannes : meilleure interprète féminine pour Copie conforme
  • 2013 : Festival du film Nuits noires de Tallinn : meilleure actrice pour Camille Claudel 1915
  • 2014 : International Cinephile Society Awards - spécial Cannes : meilleure actrice pour Sils Maria

 

 

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26 septembre 2016

JAMAIS DE LA VIE - 1/10

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Un film de Pierre Jolivet (2015 - France) avec Olivier Gourmet, Valérie Bonneton, Nader Boussandel, Marc Zinga

Gourmet + social = ras le bol !!!

L'histoire : Frank est vigile dans un centre commercial. Il voudrait bien retrouver un job correspondant à ses qualifications, mais son trouble passé, l'en empêche. Il remarque une voiture qui erre la nuit autour du bâtiment. Quand il ne bosse pas, il picole et il casse tout chez lui. Voili, voilou.

Mon avis : Ah les films français... Pour un de bien, il faut quand même se farcir quelques navets... Pourtant celui-ci était réalisé par Pierre Jolivet qui autrefois nous a offert quelques bonnes productions. C'est pour ça qu'on a regardé, même si le résumé nous semblait d'une banalité assez déconcertante.  

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En plus, la dame de Pôle Emploi, elle vous paie le café ! Jamais vu ça de ma vie !

C'est bien le cas. Soporifique. Il ne se passe strictement rien. Notre homme surveille, dort, boit des coups, re-surveille, re-dort... et ce n'est pas la "chute" finale qui arrange l'affaire. Complètement débile ! La pauvre bénéficiaire... va se retrouver en taule !!! N'importe quoi.

N'importe quoi aussi les relations avec Pôle Emploi... ou alors ça a beaucoup beaucoup changé depuis mes dernières visites ! Le mec, il a un boulot, je ne vois pas pourquoi il est reçu régulièrement chez Pôle Emploi. Depuis quand ces gens-là s'occupent très généreusement de vous trouver un job "qui vous correspond mieux" que celui où ils ont réussi à vous caser ? Ils ont déjà (beaucoup) de mal à vous en trouver un tout court, qui d'ailleurs ne correspond aucunement à votre CV... genre "Faut parler espagnol - Mais je ne parle pas espagnol... - Vous parlez italien, c'est pareil..." (histoire vécue). Depuis quand les agents ne s'interrogent-ils que des mois après votre inscription au trou de dix ans dans votre CV ? Purée... quand vous remplissez votre dossier d'admission, ce sont les premières questions qu'ils vous posent et ils n'y vont pas de main morte : il faut JUSTIFIER. Justifier des trous du CV, justifier des départs des entreprises (des fois qu'on serait parti avec la caisse), justifier des examens passés pas passés, des études faites pas faites...

Et puis ces types qui chez eux, expulsent leur rage en poussant des cris et en détruisant leur propre intérieur... je n'y crois que moyen. L'alcool, oui. Mais le reste...

Bref incohérent du début et à la fin. Et Gourmet, excellent acteur pourtant, qui fait la tronche et joue les losers film après film... moi, là, je commence à en avoir RAS LE BOL !

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Olivier Gourmet, dans le rôle d'Olivier Gourmet

Bon. Alors il y en a qui adorent : "C'était un rôle pour Olivier Gourmet qui a pu se croire débarquant dans le monde des frères Dardenne. Il est le maître du jeu, avec sa sensibilité, sa force, son expression" (Ouest-France) ; ""Jamais de la vie" est un des meilleurs film de Pierre Jolivet. Il dit l'homme et l'époque avec une telle justesse que l'émotion qu'il dégage patine la dureté du temps et fait briller la noirceur du ciel." (L'Express). Même Télérama : "Le thriller permet à Pierre Jolivet d'exalter tous ces solitaires. D'en faire, surtout, des porte-parole, des sentinelles qui résistent à l'indifférence générale." ! Euh... ils ont dit "thriller" ?

Encore une fois, j'ai vu la même chose que les Cahiers : "Malgré sa cuirasse de polar, "Jamais de la vie" n’est qu’un reportage un peu trop cuisiné sur une sorte de néant socioprofessionnel devenu refuge en kit de la chronique sociale franchouillarde." Bien dit !

 

25 septembre 2016

CEDRIC KAHN EN 8 INDICES

Source : Marie-Claire - Août 2016

Réalisateur reconnu, Cédric Kahn s’impose peu à peu comme un acteur de premier ordre. Une éclosion talentueuse confirmée dans L’économie du couple.

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Avec Louise Bourgoin, dans Tirez la langue, Mademoiselle

1. Rebond

Réalisateur majeur du cinéma d’auteur français des années 90, Cédric Kahn a connu le succès avec, notamment, Roberto Succo puis L’ennui. Mais c’est en tant qu’acteur qu’il s’épanouit aujourd’hui. « Le déclic est venu en 2012, quand Elie Wajeman m’a demandé avec insistance de jouer dans Alyah. J’ai alors éprouvé du désir pour le métier d’acteur. On y trouve moins de souffrance, moins de contrôle que derrière la caméra. »

2. Hippies

Son père, architecte, et sa mère, pharmacienne, intellectuels de gauche, quittent Paris dans les années 60 pour s’installer dans la Drôme. Cédric Kahn passe une partie de sa jeunesse au sein d’une communauté hippie isolée du monde. « J’en ai tiré un réel attachement pour les figures de marginaux », confie-t-il.

3. Icare

Pur autodidacte, il se lance dans le cinéma après le bac et finit par réaliser son premier long métrage à 24 ans. Le succès arrive vite. La descente aussi : au cours des années 2000, ses films se crashent au box-office, et il traverse une période compliquée. « Quand on est jeune réalisateur, on a très vite envie d’intégrer le système : tourner avec des stars, avoir de plus gros budgets. C’est un piège dans lequel je suis tombé. »

4. Citoyen

« Engagé, oui, mais pas gauchiste radical. » A l’image de ses films, Cédric Kahn est un homme sensible aux questions de justice sociale. Son principal combat : améliorer l’accueil des sans-papiers en France.

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5. Cruella

Dans son panthéon personnel, il cite les grands classiques de Vittorio de Sica, les films de Maurice Pialat ou encore les romans de James Ellroy. Mais son premier choc esthétique est plus surprenant : Les 101 dalmatiens, vu à 4 ans. « Une expérience inoubliable, dit-il. C’est traumatisant pour un gosse. »

6. Trouble

Avec sa voix éraillée, sa barbe noire, son regard bleu perçant et son charisme animal, il affole le cinéma français et s’impose comme un des comédiens les plus sollicités du moment. Mais il veut rester lucide : « La vérité, c’est qu’on m’appelle souvent pour remplacer un acteur bankable. Je coûte moins cher. »

7. Débordements

Affable et séduisant, Cédric Kahn peut vite monter dans les tours. En 2014, sur le tournage de son film Vie sauvage, il entre en conflit avec Mathieu Kassovitz, officiellement pour une question de « méthode ». « No comment, lâche-t-il. Je ne suis pas du genre à régler mes comptes dans la presse. »

8. Quiétude

Dans L’économie du couple, qui met en scène de façon sensible un divorce conflictuel, il incarne un type posessif et colérique qui tyrannise son ex-femme. Tout l’inverse de Cédric Kahn, dont la vie intime ressemble plutôt à un long fleuve tranquille. « J’ai une femme et deux enfants. Un quotidien très ordinaire » dit-il.

 

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24 septembre 2016

LE COMBAT ORDINAIRE - 1/10

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Un film de Laurent Tuel (2014 - France) avec Nicolas Duvauchelle, Maud Wyler, Liliane Rovère, André Wilms

Très ordinaire même...

L'histoire : Un petit jeune homme mi-dépressif mi-angoissé vainc ses peurs (lesquelles ?) et apprend à vivre "normalement", femme, enfant (bientôt un chien et un 4x4...)

Mon avis : Le type de film que je déteste ! Et d'ailleurs on ne sait pas dans quoi classer ça : c'est pas une comédie, c'est pas un drame, c'est pas non plus une comédie dramatique. Il ne se passe rien. Juste la vie, le quotidien... Peut-être pourrais-je le mettre dans Horreur et épouvante ? Ah ah ah ! Bon... je vais le coller dans Drames, car niveau qualité, c'est bel et bien dramatique !

Quel intérêt, mais quel intérêt, je vous le demande ?

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La vie, c'est dur...

Je mets un point pour Duvauchelle. C'est pas De Niro (en plus il articule mal...), mais je l'aime bien et il est trop beau gosse. Et puis il y a Liliane Rovère, comédienne que j'adore depuis Buffet froid de Blier, où elle m'avait subjuguée par son étrangeté !

Les critiques sont mitigées et certains ont beaucoup aimé. 20 Minutes : "Cette chronique drôle et tendre signée Lauret Tuel se révèle un petit bijou d'émotions digne de la bédé qui l'a inspirée." Drôle ??? Mais à aucun moment je n'ai ri, ou même souri ! Le gars avait peut-être pris des pilules qui font rire avant le film... Le Monde : "Ce film de Laurent Tuel réunit des acteurs attachants, parmi lesquels André Wilms, Liliane Rovère et Olivier Perrier." M'ouais, ben alors inutile de dépenser de l'argent pour payer toute une équipe, y a juste à organiser seulement une petite interview croisée de ces comédiens. En plus c'est pas sympa de ne pas citer Maud Wyler, qui a un rôle bien plus important qu'Olivier Perrier, et s'en sort très bien.

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Et si on prenait un chien ?

Ceux qui ont (beaucoup) moins aimé restent cependant très indulgents.

Pige pas.

 

23 septembre 2016

PROJET X - 7/10

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Un film de Nima Nourizadeh (2012 - USA) avec Norman Thavaud, Thomas Mann (II), Oliver Cooper, Jonathan Daniel Brown, Dax Flame

Rigolo.

L'histoire : Thomas, en terminale, va fêter ses 17 ans et ses parents lui laissent la maison pour l'occasion, avec force consignes, bien sûr. Que l'adolescent veut respecter, autant que possible. Mais c'est sans compter sur son pote qui veut lui organiser une teuf mémorable. En commençant par envoyer des invitations... sur Internet, qui se propage donc rapidement à toute la ville !

Mon avis : Du found footage, un genre que j'apprécie, quand il est bien fait, et adapté au scénario, car il vous plonge au coeur de l'action. 

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Quel cauchemar ! La naïveté du jeune homme qui ne comprend pas le risque qu'il prend avec son pote taré et ses invitations virales... Et qui ensuite n'arrive pas à le maîtriser dans ses outrances. On rit beaucoup car nous, spectateurs, on sait bien que tout va dégénérer, depuis le début, et on n'est pas au bout de nos surprises (tout comme le petit héros !). Ca fume de l'herbe qui fait rire à tout va, ça avale des pilules excitantes, de l'alcool, ça vomit, ça nique dans tous les coins... Mais très étrangement, je n'ai jamais trouvé ça vulgaire. Un tour de force ! Sans doute parce que c'est vraiment très drôle et très juste ; les situations sont vulgaires par définition, parce que le réal filme une certaine réalité ; elles ne font pas "artificielles", avec pour but de choquer le monde ; elles sont presque "documentaires".

A noter que le film est produit par Todd Phillips, le "papa" de la saga Very bad trip, qui avait réussi à m'amuser aussi !

Tous ces gamins en folie sont plutôt sympathiques. La fête est un moment de gros délire où l'homme sort ses frustrations. C'est un phénomène bénéfique, de tout temps : permettre au peuple de lâcher ses pulsions. Les mômes s'en donnent à coeur joie... on se dit qu'ils doivent finalement beaucoup souffrir (menaces éco-apocalyptiques, chômage, capitalisme financier, mondialisation, perte de repères et de valeurs, renaissance du fanatisme religieux...) pour avoir autant besoin de tout oublier et de s'éclater. 

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Pendant tout le film on jubile à l'idée de voir - à la fin - la tête du père et de la mère quand ils vont rentrer...

Et n'oublions pas qu'il s'agit d'une histoire vraie ! Un truc de ouf, à dégoûter les parents de partir en vacances en laissant un ado derrière eux !

La maison qui accueille la fête de Projet X est bien sûr un élément de studio... Un immense plateau de la Warner reproduisant un quartier pavillonnaire a servi de décor. Pour l'anecdote, la maison se trouve de l’autre côté de la rue où habite le personnage de Roger Murtaugh (Danny Glover) dans la saga L'Arme fatale...

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La production a distribué à plusieurs figurants des caméras de poche, pour qu'ils puissent filmer des moments fous fous fous dont ils étaient les témoins. Certaines de ces images se sont ensuite retrouvées dans le montage définitif du film.

Les critiques sont plutôt bonnes, même si certain relèvent que le niveau n'est vraiment pas très haut ! On avait bien compris... Et puis chez Excessif, on n'aime pas du tout : "Mais quel est l'intérêt de "Projet X" ? Il n'y en a évidemment aucun. (...) Des seins, de la drogue et du bon son, cela situe un peu le niveau général."

Ben oui, mais des fois, ça fait rigoler !

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22 septembre 2016

ALICIA VIKANDER - INTERVIEW (AOUT 2016) - "UNE VIE ENTRE DEUX OCEANS" ET "JASON BOURNE"

Source : Marie-Claire - Août 2016

Encore trop peu connue en France, cette actrice suédoise collectionne les récompenses et les collaborations remarquées avec la maison Louis Vuitton. Pourquoi cet engouement ? Et que révèle, derrière les apparences de la célébrité, cette jeune femme speed et solaire ?

Avant elle, venues de Suède, il y eu Greta Garbo et, plus tard, Ingrid Bergman. Autant dire deux étoiles intimidantes par leur aura universelle. Alicia Vikander, 27 ans, sera-t-elle un jour aussi célèbre que ses glorieuses aînées ? De Royal Affaire à Anna Karenine en passant par The Danish girl, pour lequel elle a reçu, en février dernier, l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle, en attendant le célèbre Jason Bourne (1) et le très sensible Une vie entre deux océans (2), la comédienne semble, en tout cas, sur la bonne voie pour truster Hollywood et ailleurs. Si Alicia Vikander est belle, cela, bien sûr, ne suffit pas à expliquer sa trajectoire de nouvelle sensation. Alors, les secrets de sa réussite ? Un talent certain propulsé par une envie folle d’en découdre, jusqu’à monter sa propre société de production afin de trouver des partitions qui lui ressemblent : libre, forte, entière et résolument optimiste. C’est à Rio, dans le décor hallucinant du musée d’art contemporain de Niteroi, que nous avons entrouvert la porte de cette jeune femme, escortée de sa sœur, et pressée d’être déjà ailleurs.

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Nicolas Ghesquière confie vous adorer parce que vous savez évoluer sans pour autant trahir vos convictions. Que veut-il dire par là ?

Au cinéma, mon travail consiste à incarner un personnage différent à chaque fois, et j’ai toujours peur de finir par m’installer dans une sorte de routine confortable, de refaire tout le temps la même chose. Je lutte contre cette tendance de toutes mes forces.

Le créateur vous a choisie pour être l’égérie Louis Vuitton. Qu’est-ce que cela vous apporte par rapport à votre métier ?

Beaucoup. La première fois que j’ai porté une robe haute couture, c’était il y a quelques années, à Cannes. C’est une véritable œuvre d’art qu’avait confectionnée Nicolas. C’est ce que j’aime chez lui : s’il crée pour la femme en général, il sait aussi faire parler, à travers ses créations, des femmes fortes. Je pense en particulier à celles qui défilent parfois pour lui, comme Michelle Williams, Jennifer Connelly ou Charlotte Gainsbourg, que j’adore depuis l’enfance. J’apprends énormément de la mode.

Mais n’y a-t-il pas un risque de vous faire submerger et même phacocyter par votre image d’égérie de la mode ?

Non, pas du tout. Je ne me définis pas comme mannequin mais comme actrice. Cela dit, être l’image d’une marque est à double sens : la mode m’apporte beaucoup dans ma trajectoire de comédienne. J’essaie, autant que possible, de faire fusionner ces deux mondes.

On sait finalement assez peu de chose de vous…

Je suis très peu sur les réseaux sociaux, et les actrices qui m’inspirent le plus sont justement celles dont on ne sait pas tout.

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Royal Affair avec Mads Mikkelsen

Vous êtes très secrète sur votre vie privée.

Pas vraiment. Je parle volontiers de mes parents, par exemple. Pour le reste, oui. Il ne s’agit pas d’être secrète, mais il y a certaines choses, dans la vie, qu’on aime garder privées, comme les relations amoureuses.

Vous avez vécu une histoire d’amour* avec Michael Fassbender, votre partenaire dans Une vie entre deux océans. Trouvez-vous plus difficile de vivre avec un comédien qu'avec un homme exerçant une autre profession ?

Dans toutes mes relations, que ce soit avec un homme ou avec ma famille, c'est devenu compliqué à partir du moment où j'ai choisi ce métier. Etre comédienne signifie être presque toujours loin de chez soi. Les gens du métier le comprennent, bien sûr, mes amis et ma famille aussi.

Dans Une vie entre deux océans, vous êtes une jeune femme faisant le bien en sauvant un bébé naufragé. Mais aussi le pire, en le gardant sans le rendre à sa mère survivante.

C'est une histoire très forte, qui m'a tout de suite séduite. J'aime l'idée que des gens ordinaires et bons puissent être amenés à commettre des choses terribles et que la moralité ne soit pas si claire.

Pourquoi ? Comprenez-vous votre personnage, qui en vient à cette extrémité parce qu'elle n'arrive pas à être mère ?

C'est intéressant de noter qu'autour de moi les gens réagissent différemment vis-à-vis de mon personnage. Certains la comprennent, d'autres pas. Je peux la comprendre : elle redonne vie à ce bébé, elle qui a perdu en couche deux enfants.

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Une vie entre deux océans

En ce qui concerne le nouveau Jason  Bourne, avez-vous dû exiger que votre rôle soit plus conséquent ?

Non parce que mon personnage était suffisamment fort et présent sur le papier. Dès le départ, c'était une femme intelligente et déterminée qui ne se fait pas écraser par la personnalité hors du commun de Jason Bourne, loin de là. Puis Paul Greengrass, le réalisateur, est très soucieux de ne pas faire des personnages féminins des potiches. Pour toutes ces raisons, j'ai vraiment apprécié de jouer dans ce film.

Est-il vrai que vous faîtes lire à vos parents tous les scripts que vous recevez ?

Tous, peut-être pas, mais je les appelle avant chaque choix à prendre. C'est aussi pour moi une façon de rester en contact avec eux, parce que j'ai dû quitter mon père et ma mère (ils ont divorcé lorsqu'Alicia était enfant, ndlr) très tôt pour tourner au bout du monde. Nous passons beaucoup de temps au téléphone. Ils me manquent, comme je leur manque, j'imagine.

Ressentez-vous, comme beaucoup d'actrices, du sexisme à Hollywood ?

Pas directement, car je m'estime très chanceuse dans la façon dont cela se passe pour moi, mais indirectement oui. Car si vous pensiez à la qualité des scripts généralement proposés aux actrices et au peu d'opportunités intéressantes que nous avons, alors oui, on peut parler de sexisme. Très souvent, on me propose des histoires avec des rôles de filles trop stéréotypées, qui sont les reflets d'une vision essentiellement masculine. Ou bien ceux qui pourraient être intéressants manquent d'aspérité et de profondeur sur ce qui constitue au fond une femme.

Est-ce pour cela que vous avez monté votre propre société de production ?

En partie, oui. Je me bats pour obtenir des rôles consistants qui puissent prouver à quel point il est important d'apporter plus d'égalité des sexes, en racontant des histoires qui touchent réellement les femmes. Cependant, les choses évoluent à Hollywood : il y a de plus en plus de scripts où le personnage féminin est au centre.

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The Danish girl

Vous venez d'un pays où l'égalité entre les hommes et les femmes n'est pas qu'un mot. Comment avez-vous été élevée ?

J'ai passé la majeure partie de ma jeunesse dans une école en majorité féminine, donc je n'ai pas souffert de discrimination de ce côté-là. La Suède est un très bon pays pour grandir en tant que fille. Dès mon plus jeune âge, des figures féminines et masculines m'ont inspirée, poussée à être indépendante, forte, et à affirmer mes opinions. Des femmes m'ont bien sûr éduquée en ce sens, comme ma mère, mais aussi beaucoup d'hommes. Mon père, mes frères et mes amis se sont toujours battus pour défendre une vraie égalité.

Votre Oscar a-t-il changé quelque chose en vous ?

Rien de particulier, si ce n'est que je n'oublierai jamais ce moment extraordinaire. Je me souviens qu'enfant, en Suède, ma mère me réveillait à 2 heures du matin pour assister en direct à cette cérémonie. Pour moi, c'était comme une fenêtre sur un monde inatteignable. Quand nous avons foulé le tapis rouge, avec ma mère et mon père, nous avons beaucoup juré en suédois ! On se pinçait pour y croire. Je me répétais sans arrêt : "Oh, mon Dieu, comment est-ce possible qu'aujourd'hui ce soit mon tour ?"

Vous avez un don pour les langue. Vous parlez couramment l'anglais et vous êtes mise au danois sans problème. Comment expliquez-vous cette facilité ?

Ce sont des langues proches, tout comme le norvégien et le suédois le sont. Mais vous savez, j'étais terrifiée sur le plateau de Royal Affair, parce qu'il fallait me concentrer sur mon jeu, malgré ma nervosité quant aux erreurs de langage possibles. Heureusement Mads (Mikkelsen) m'a apporté un merveilleux soutien. Lui-même a dû, par le passé, batailler dur afin de maîtriser le français et l'allemand, deux langues utilisées dans certains de ses films. Aussi, quand il débarquait sur le tournage, il venait me taper sur l'épaule et me disait : "Je suis vraiment content de ne pas être à ta place aujourd'hui. Je me souviens comment c'était, à l'époque. Ne t'inquiète pas, tout va bien se passer."

Et au fait, le français ? Comptez-vous vous y mettre pour notre prochaine interview ?

J'essaie de l'apprendre avec l'équipe de Nicolas, mais ils se moquent de moi ! Et j'ai trop peur d'être ridicule. Mais je le comprends de mieux en mieux. J'adore cette langue et Paris, où j'ai beaucoup d'amis. 

(1) de Paul Greengrass, avec aussi Matt Damon, Julia Stiles,  Tommy Lee Jones, sortie le 10 août.

(2) De Derek Cianfrance, avec aussi Michael Fassbender, Rachel Weisz, sortie le 5 octobre.

* A priori, ils sont en fait toujours ensemble.

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21 septembre 2016

COUP DE CHAUD - 7/10

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Un film de Raphaël Jacoulot (2015 - France) avec Karim Leklou, Grégory Gadebois, Carole Franck, Jean-Pierre Darroussin

Genre téléfilm, genre Chabrol, mais pas mal.

L'histoire : Un petit village du sud de la France, écrasé de chaleur. La récolte est menacée et les agriculteurs se tirent dans les pattes, entre ceux qui ont de l'eau en abondance et d'autres non. Le maire essaie de trouver des solutions. Un chômeur tente de se mettre à son compte comme menuisier mais vu le peu de clientèle potentielle alentour, il ne réussit à rien et son épouse s'inquiète, s'aigrit. Et puis il y a Joseph, cet impossible Joseph, fils de ferrailleurs. Un jeune homme légèrement déficient intellectuellement. Qui, forcément désoeuvré, passe son temps dans sa voiturette, musique à fond, à faire peur aux vaches dans les prés, ou à irriter les villageois avides de calme. Il convoite la jolie Manon, qui se moque de lui avec ses amis, et s'invite chez les gens, chez qui il pénètre sans prévenir. Pas pour embêter, juste pour dire bonjour. Ca lui paraît normal. Aux autres pas. Des petits délits sont commis, puis des agressions... Tout le monde regarde Joseph.

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Mon avis : Il ne faudra pas aller chercher dans la mise en scène des trésors d'invention et d'esthétisme, c'est du classique, sans esbroufe. En ce qui concerne le scénario, évidemment on pense au fameux Dupont Lajoie de Chabrol : milieux populaires, et une tête de Turc qui est immédiatement l'accusé, le bouc émissaire, le réceptacle de toutes les haines.

Cela dit, c'est bien fait et l'atmosphère est assez réussie : il fait chaud, il fait glauque, on sent que les choses vont mal tourner, et puis on se demande le(s)quel(s)(elles) vont péter les plombs... Un autre atout : ces gens-là, qu'on voudrait qualifier d'intolérants pour se disculper soi-même, nous ressemblent finalement beaucoup. Et c'est embêtant... Comment réagirions-nous en pareilles circonstances ? Les natures pacifiques comme moi tenteront de garder patience et raison (un certain temps), les plus impulsifs je ne sais pas : ne sommes-nous pas tous escagassés par certains individus qui nous font peur par leur différence, un physique hors norme, un comportement un peu zarbi ? Et quand dans le quartier des petits délits sont commis ne pense-t-on pas immédiatement à cet étrange garçon pas comme les autres ? Le réalisateur a particulièrement bien choisi son Joseph : il ne semble pas méchant, mais il a une tête vraiment spéciale... et - c'est horrible - on n'arrive pas à éprouver d'empathie pour lui ! L'acteur est prodigieux... Le message passe bien... On se sent mal.

C'est édifiant et c'est terrible. Devant les réactions au conseil municipal, même pour des broutilles, on voit que les gens, même en comité réduit, sont incapables de discuter sans qu'un désaccord, sur des broutilles, provoque les disputes, voire les petites vengeances mesquines. Quelle drôle d'espèce que l'homme ! 

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Un film à voir donc, non pour ses qualités purement cinématographiques, mais pour les questions qu'il soulève, avec un certain malaise. Et c'est sans doute son meilleur atout : il nous dérange.  

Les critiques sont excellentes dans l'ensemble.

 

 

20 septembre 2016

SERIE : BARON NOIR (2016 - vu 6 épisodes) - 5/10

Baron noir est une série télévisée française créée par Eric Benzekri et Jean-Baptiste Delafon, réalisée par Ziad Doueiri et diffusée sur Canal+ du 8 au 29 février 2016. La saison 2 devrait être produite au moment de l'élection présidentielle française de 2017.

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SYNOPSIS

La campagne présidentielle, en France, bat son plein, avec le second tour qui s'annonce. Francis Laugier, candidat du Parti socialiste (PS), doit affronter au second tour Jean-Marc Auzanet (UMP), le président sortant. Le soir du débat du second tour, l'un de ses plus fidèles alliés et conseillers, Philippe Rickwaert (député-maire de Dunkerque et promis à la direction du PS), apprend d'une source policière qu'une perquisition de la brigade financière doit avoir lieu le lendemain matin au siège de l’office HLM de Dunkerque. Craignant que les enquêteurs ne découvrent qu'une partie des fonds a servi à financer la campagne électorale de Laugier, Rickwaert, Véronique Bosso, sa première adjointe, et Joël Donfront, le trésorier de l'office, font disparaître les preuves durant la nuit.

Un problème de trou dans la trésorerie se pose alors et Rickwaert demande à Joël d'en prendre la responsabilité, tout en garantissant à Laugier qu'il n'y a aucun problème. Mais Joël, incapable d'endosser la mission qu'on lui impose, se suicide et Laugier, élu président de la République, préfère lâcher Rickwaert en rase campagne. Meurtri, celui que l'on surnomme alors le "Baron noir" va parvenir à se faire réélire député du Nord contre le candidat officiel du PS que Laugier et sa conseillère, Amélie Dorendeu, ont lancé contre lui, et va se servir de son mandat et de son influence dans le parti pour se venger en pourrissant le quinquennat du nouveau président, tout en faisant face à la justice...

DISTRIBUTION

  • Kad Merad : Philippe Rickwaert
  • Niels Arestrup : Francis Laugier
  • Anna Mouglalis : Amélie Dorendeu
  • Astrid Whettnall : Véronique Bosso
  • Michel Muller : Gérard Balleroy
  • Michel Voïta : Jean-Marc Auzanet
  • Mahdi Belemlih : Mahdi Fatani
  • Jade Phan-Gia : la ministre de l'Éducation nationale
  • Lubna Gourion : Salomé Rickwaert
  • Eric Caruso : Laurent Mirmont

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De nombreux "vrais" journalistes participent à la série, parmi lesquels Michaël Darmon, Jean-Pierre Elkabbach, Arnaud Leparmentier, Antoine Genton, Wendy Bouchard, Alice Rougerie et Audrey Pulvar.

La série s’inspire de plusieurs faits de la vie politique française. Eric Benzekri, coscénariste de Baron noir, a été impliqué dans des mouvements lycéens et étudiants avant de travailler avec Julien Dray, qui a quelques points communs avec le personnage de Philippe Rickwaert : en octobre 1988, Le Monde pointe l’influence des trotskistes dans une grève des infirmières contre le gouvernement de Michel Rocard. Julien Dray y est qualifié de « baron noir de l’agitation sociale ». En 1997, le député Patrice Carvalho participe à une séance de l’Assemblée nationale en bleu de travail - comme Rickwaert dans la série.

ACCUEIL

Selon Pierre Langlais de Télérama, Baron noir est « une vraie série politique dramatique, qui profite d’une écriture soignée, de bons dialogues, d’une mise en scène intelligente et de comédiens de qualité » et vient après plusieurs productions internationales (À la Maison-Blanche, House of Cards, The Thick of It) alors que jusque là peu de séries françaises véritablement axées sur une version réaliste de la politique avaient vu le jour.

Merci Wikipédia

MES IMPRESSIONS

Baron noir fait évidemment penser à House of cards, mais en beaucoup moins bien. Pourtant, ne chipotons pas, cette série française est pas mal faite, avec un rythme soutenu, des images correctes, des rebondissements et toutes ces petites embrouilles politiques qu'on adore détester ! Un très bon niveau. Ca, c'est pour les premiers épisodes...

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Le casting est dominé par Niels Arestrup, sublime comme toujours, Anna Mouglalis, dont je ne raffole pas (quelle voix désagréable...) mais qui fait le job, et bien sûr Kad Merad... J'avoue que j'ai mis un peu de temps à m'y faire. On est habitué à le voir faire le mariole et ce personnage cynique et sans état d'âme déstabilise ! Une fois admis le concept, ma foi il fait le job, mais ça manque de nuance. Qu'il fasse le séducteur ou le machiavélique, le regard est quasiment le même : un peu terne. Il est tout de même beaucoup moins charismatique que Kevin Spacey ! Et sa liaison avec Mouglalis (dans la série) me laisse perplexe : franchement je ne vois pas ce qu'elle lui trouve.

Et puis l'ennui m'a gagné. Toujours les mêmes petites magouilles ; des gens qui parlent davantage des élections, quelles qu'elles soient (et il y en a toujours dans les tuyaux, municipales, régionales, législatives, européennes...), et de ce qu'ils doivent faire pour les gagner, que des dossiers concernant la France et les Français. Ca pourrait être fabuleux comme discours : analyser ce goût du pouvoir, cet attrait acharné pour la compétition, genre "c'est moi le plus fort". Mais ça ne l'est pas, ça papote, toujours de la même chose, toujours la même cuisine. En fait, on n'apprend pas grand chose qu'on ne sache déjà...

Je me suis arrêtée au bout de six épisodes. Pas envie de voir la suite.