CinéMagic

10 décembre 2016

MON ROI - 9/10

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Un film de Maïwenn (2015 - France) avec Vincent Cassel, Emmanuelle Bercot, Louis Garrel, Isild Le Besco

Saisissant. Que cette réalisatrice est douée !

L'histoire : Tony s'installe dans un établissement de rééducation, pour soigner un genou très abîmé. Elle semble cependant avoir d'autres plaies à panser que celles de sa jambe, elle est triste, solitaire, et se souvient... Retour en arrière. Tony, qui termine ses examens pour être avocate, est une jeune femme simple et bien dans peau. Elle rencontre Giorgio, un homme terriblement séduisant, riche, à l'humour ravageur. Coup de foudre. L'amour fou, les rires, la complicité... et puis l'ultime cadeau, l'ultime marque de sa volonté de construire : il veut un enfant et il veut se marier. Tony est heureuse comme il n'est pas permis. Non, justement, il n'est pas permis... L'ex de Giorgio devient encombrante, et lorsqu'elle fait une tentative de suicide, il est plus souvent auprès d'elle, pour la soutenir, qu'auprès de son épouse enceinte...

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Mon avis : Nul n'est besoin d'un scénario alambiqué pour faire un bon film. Il suffit d'une histoire simple lorsque le réalisateur est talentueux. C'est le cas de Maïwenn, que décidément j'adore. Quelle précision dans la psychologie des personnages, dans la direction des acteurs, dans le rythme ! Comme c'est fascinant d'être à ce point captivé par un film qu'on oublie de regarder l'heure, qu'on ne s'ennuie jamais, qu'on s'assoupit encore moins ! Quel bonheur de se réconcilier avec le cinéma, quand il est aussi magnifique, transporteur de tant d'émotions, des plus abjectes au plus sublimes, des plus tendres aux plus cruelles, au travers de dialogues parfaitement naturels et souvent incisifs.

Maïwenn nous raconte une histoire d'amour, mais la connaissant, on sait qu'elle ne sera évidemment pas de tout repos. Maïwenn est une âme tourmentée et intelligente, et c'est de ces âmes-là, abîmés, blessées, mais si promptes à l'analyse, que sortent les plus splendides créations, qu'il s'agisse de cinéma, de littérature, d'art. 

Un couple qui se déchire constamment mais se ressoude en permanence, aimantés l'un par l'autre, dans une relation qui ressemble fort à du sado-masochisme. Giorgio est royal (le titre ne pouvait être mieux choisi), et à ce titre, il aime être adulé, entouré, complimenté, n'en faire qu'à sa tête, être obéi et approuvé dans tous ses choix. Il ne comprend même pas qu'on puisse ne pas être d'accord avec lui pour la moindre chose. Menteur aussi, puisque seule sa petite personne l'intéresse : il faut bien arranger la réalité parfois pour pouvoir manipuler ses sujets, parfois récalcitrants. Il est flamboyant, il est charismatique, mais il est toxique. Tony est amoureuse folle, elle l'aime pour cette démesure, pour ses paillettes qu'il lance sur le monde le rendant infiniment plus beau, pour son humour et ses attentions charmantes. 

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Mais elle n'est pas heureuse. Car elle comprend petit à petit qu'il s'aime lui, et non pas elle. Il aime l'amour qu'il lit dans son regard, dans ses gestes, il aime sa dévotion, son admiration... et devient odieux quand soudain le miroir ne lui renvoie pas l'image qu'il attend. Mais elle est si attendrissante et si charmante qu'il ne peut se passer d'elle et, chaque fois qu'elle pense lui échapper, il sort le grand jeu pour l'empêcher de fuir.

On appelle ça un pervers narcissique. Quelqu'un qui règle sa vie et celle des autres selon SON bon plaisir.

L'interprétation est à la hauteur, et pas qu'un peu, mes amis. Vincent Cassel... franchement qui d'autre aurait pu se coller dans la peau de cet homme ? Cassel a un charisme de folie, un regard qui tue, une étincelle de malice, un chat qui joue avec une souris. Emmanuelle Bercot est perdue et éperdue, fragile et forte à la fois, se débattant dans une toile d'araignée dont elle ne parvient pas à s'extirper tant le prédateur est séduisant. A noter aussi, Louis Garrel... drôle et touchant. Moi qui ne l'aimais pas trop (intello snob), je le découvre !

Une histoire d'amour terrible, émouvante, bouleversante. Une histoire triste mais tellement belle. C'est gothique ! Romantique et tourmenté. Ce couple-là me rappelle Heathcliff et Catherine, des Hauts de Hurlevent

Troublante fin... où la caméra (les yeux de Tony) s'attarde sur le visage de Giorgio, son nez, sa bouche, sa nuque... Après dix ans de fureur, on comprend qu'elle l'aime toujours, infiniment. Et lui, d'un bref regard, constate avec bonheur qu'elle porte une montre qu'il lui a offerte. Ils sont séparés, ils sont à l'école avec les instits de leur fils. Normalement la partie est jouée. Fin du match. Fin du match, vraiment ? 

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A l'issue de sa projection, au palais du Festival, le film a reçu une standing ovation de plus de huit minutes. Emmanuelle Bercot était présente à Cannes pour ce film, où elle est comédienne, mais aussi pour La Tête haute, dont elle est réalisatrice et qui fut tout autant acclamé.

Une partie du film se déroule dans un centre de rééducation où Tony se remémore son histoire avec Giorgio. Un lieu que Maïwenn tenait à filmer car elle a toujours éprouvé de l’attirance pour les gens blessés physiquement ou infirmes : "Ils sont un peu coupés de la société et n’éprouvent plus ni les mêmes besoins ni les mêmes envies que les valides. On est peu de chose lorsqu’on marche avec une béquille ou qu’on est cloué dans un fauteuil. Cela permet de relativiser la vie d’avant : la seule chose importante devient soudain de guérir – se raccommoder."

Parmi l'avalanche de compliments, quelques voix discordantes : "Entre tessons de vérités humaines, flambées de haine et aurores boréales de bonheur, le film orchestre une corrida de sentiments et d'élans contradictoires. Souvent fulgurant, mais aussi parfois gravement hors sujet" (VSD, ceux-là ne doivent pas savoir ce qu'est un pervers narcissique...) ; ""Mon roi" est comme lui : un dragueur de boîte de nuit. L’énergie qu’il déploie pour séduire peut faire rire. De là à se montrer dupe de ce beau parleur…" (Critikat, ceux-là non plus n'ont jamais dû rencontrer de beaux parleurs, ni jamais tomber dans leurs pièges, bravo les gars, vous êtes forts !). Pire : "Et alors, ça captive ? Comme une rubrique "courrier du cœur" qui exigerait plus de deux heures de lecture." (Le Nouvel Obs). 

En fait, il semblerait que ceux qui n'ont pas aimé le film soient des gens très très forts costauds, qui n'ont jamais croisé la route de prédateurs. Des prédateurs eux-mêmes ?

 

 

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09 décembre 2016

NOUS TROIS OU RIEN - 7/10

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Un film de Kheiron (2015 - France) avec Kheiron, Leïla Bekhti, Gérard Darmon, Zabou Breitman, Arsène Mosca, Kyan Khojandi, Jonathan Cohen, Camélia Jordana

Original et plutôt marrant.

L'histoire : Années 60/70. Hibat est iranien, il grandit dans une famille modeste avec ses onze frères et soeurs. Il fait des études de droit et se joint à ceux qui combattent la dictature du shah. Il se retrouve plusieurs années en prison, battu, torturé, car même là, il refuse de se prosterner devant l'idole. Le shah fait face à de nombreuses contestations et révoltes, mais il finit par lâcher un peu de lest et Hibat bénéficie d'une libération de prisonniers politiques, destinée à apaiser la population. Il se marie. Et passe plus de temps à reprendre la lutte pour la démocratie qu'à chercher un job. Et puis un jour, la révolution arrive, le shah est renversé et tout le monde exulte de joie. Sauf que quelques jours plus tard, on comprend que ce n'est pas la démocratie qui est au rendez-vous, mais une nouvelle dictature, pire que la précédente... Sa femme est obligée de se voiler, il se sent à nouveau menacé, sa famille aussi.

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Mon avis : Ca démarre assez fort, avec une mise en scène originale. Le narrateur présente sa famille, modeste, iranienne, d'avant la révolution. Des gags, des répliques, des situations. 

Le film continue sur cette lancée, mêlant avec brio la fantaisie (Alexandre Astier en shah d'Iran... fallait y penser !) et le drame (dissidence, prison, exil - des scènes très dures, mais toujours avec des gags burlesques) ; un truc super casse-gueule et pourtant le réalisateur s'en sort, sur le fil, sans une once ni de pathos, ni de vulgarité, mais des trésors de tendresse et d'humour. Un fort joli cocktail. Le casting est remarquable, les acteurs à fond derrière le projet, en mode sincérité totale. Ils nous font rire et pleurer. 

Mais le message est un peu trop bisounours sur la deuxième partie : une fois arrivés en France, la petite famille est exemplaire, apprend le français, trouve du travail, positive tout le temps. Bravo. Dans le contexte actuel, la pilule est amère ; on culpabilise un max... et en même temps on se dit Mais comment peut-on faire avec ces dizaines de miliers de réfugiés qui frappent à notre porte ? Comme le gouvernement n'a aucune solution (en cherche-t-il vraiment ?), nous pauvres citoyens, avons le choix entre jouer les bénévoles débordées dans des associations sursaturées ou prendre le drapeau des filles Le Pen... Le film laisse donc un petit goût désagréable en bouche. Moi, par rapport à ces gens-là, je me suis sentie merdeuse... Vous voyez ce que je veux dire ? D'autant que ma bonne conscience se heurte aux murs infranchissables de l'administration française. Exemple : dans ma commune, j'ai voulu aider. Le village est petit, on a reçu seulement quelques familles. Mais j'avais envie de donner des cours de français. C'est mon point fort, les langues, dans un sens ou dans l'autre. On m'a dit : "Vous étiez prof ?" Ben non. "Vous avez une licence ?" Ben non. "Vous parlez arabe ?" Ben non. "Ben aurevoir madame, merci d'être passée. De toutes façons, on a déjà plein de monde. Par contre, si vous pouvez accueillir une famille de quatre personnes chez vous, ce serait bien". Ben non... c'est pas assez grand. Et j'ai pas les moyens d'entretenir six personnes. Enfin, si, en tapant dans mes économies, je pourrais. Culpabilité, culpabilité, culpabilité.

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En même temps, c'est pourtant quelque chose de positif que nous montre Kheiron et c'est l'histoire, vraie de ses parents, qui s'en sont sortis sans rien demander à personne ! Ils ont appris le français sur le tas, ils se sont intégrés, ils ont trouvé du travail, puis ils se sont mis à aider les autres... Magnifiques, des gens admirables.

Je suis sans doute trop sensible. Le film m'a brossé le poil dans le mauvais sens. Mais ce serait dommage de s'arrêter à ça : il est vraiment joli, drôle et plein de bonne humeur.

Kheiron est un humoriste, d'origine iranienne, qui est à l'origine, entre autres, avec Kyan Khojandi (qui joue dans le film), de la mini-série à succès Bref. C'est ici sa première réalisation en tant que cinéaste. Très bons débuts, l'ami !  

Les critiques sont super bonnes et les compliments pleuvent. Je suis d'accord. 

Il n'y a guère que Le Monde qui n'aime pas et qui a vu, comme moi, ce petit "quand on veut on peut" très désagréable, car tellement facile à dire quand on ne réfléchit pas plus loin que le bout de son nez : "Entre conte et comédie, le film a le mérite de présenter la banlieue française sous un jour apaisé. Mais la petite musique qu'il distille, selon laquelle il suffirait de vouloir (s'intégrer) pour pouvoir (régler tous les problèmes), est celle du libéralisme le plus sauvage."

 

08 décembre 2016

LE DISCOURS D'UN ROI - 7,5/10

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Un film de Tom Hooper (2011 - UK) avec Colin Firth, Helena Bonham Carter, Geoffrey Rush, Derek Jacobi, Guy Pearce

Historique et très émouvant.

L'histoire : Royaume-Uni, années 30. Albert, duc d'York, fils cadet du roi George V, est un homme timide, qui ne prise guère les manifestations officielles mais les honore comme il se doit. Il est soutenu par son épouse et ses petites filles adorées, Elizabeth et Margaret. Lorsque la radio, une toute toute nouvelle technologie, entre dans la vie des gens, les rois sont les premiers à pouvoir et devoir faire des discours. Le roi George s'est montré brillant. Ses fils doivent suivre, pour des événements moins importants. Albert est terrifié et se sent terriblement nul. Sa femme, beaucoup moins introvertie que lui, trouve un nouvel orthophoniste, Logue, dont les méthodes sont révolutionnaires, paraît-il. Albert n'y croit pas une seconde mais Logue lui prouve qu'il peut parler normalement dans certaines conditions. Il accepte de travailler avec lui. Mais le roi meurt... et son frère refuse le trône pour aller épouser sa belle Américaine, Wallis Simpson. L'homme qui ne voulait pas être roi devient George VI et doit préparer un premier discours pour son couronnement...

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Mon avis : C'est une belle idée d'avoir transposé au cinéma cette petite histoire dans l'Histoire. Elle honore la mémoire d'un homme très courageux ; dans le vrai sens du terme. Le courageux est pour moi celui qui, pour le bien des autres, se force à faire quelque chose qu'il déteste par dessus tout ou qui lui fait une peur bleue. Ainsi pour moi, le mec qui traverse l'Atlantique sur une planche n'est pas courageux ; personne ne lui a rien demandé ; il fait ce qu'il veut. Par contre celui qui a peur de l'eau mais s'y jette pour sauver une vieille dame l'est. 

Ce "pauvre duc" d'York n'était pas destiné à être roi, et heureusement, peut-on dire dans un premier temps ; il était timide et affligé d'un redoutable bégaiement. A la mort de leur père, c'est son frère qui devait régner, puis les fils de son frère. Ses obligations officielles lui suffisaient amplement niveau stress ! Et puis soudain le voilà propulsé monarque, en pleine lumière, tous les regards braqués sur lui. Sa femme n'est pas plus à l'aise que lui... elle qui par deux fois avait refusé de l'épouser par peur de tout le tralala princier, même si elle est plus à l'aise en société qu'Albert. Profondément convaincu de la loyauté qu'il doit à sa famille et à sa nation, Albert, devenu George VI, se lance dans le grand jus médiatique (qui en était à ses balbutiements, avec l'arrivée des nouvelles technologies de communication)... avec pour couronner le tout, si je puis dire, une guerre mondiale qui débute et l'oblige à mettre les bouchées doubles pour être présent auprès de la nation. Heureusement notre petit roi est magnifiquement soutenu par son orthophoniste, son épouse et ses deux petites filles. Et l'histoire a oublié toutes les souffrance de ce petit garçon timide pour ne garder que le souvenir d'un roi qui a soutenu son peuple avec ardeur pendant la guerre, transformant son pays en rempart quasi infranchissable contre le nazisme, un roi humaniste et féministe. Ses contemporains garderont l'image d'un homme loyal et courageux.

L'interprétation de Colin Firth est remarquable (on s'en doute). On tremble avec lui ! La fin est aussi douloureuse pour lui que pour nous. On a envie de l'aider à articuler ses mots... mais Logue veille dans l'ombre et tel un chef d'orchestre lui indique les temps pour souffler, pour reprendre... c'est palpitant, haletant. Et ensuite on pleure quand on voit les hauts fonctionnaires et le personnel du palais le féliciter, puis son épouse et ses filles qui se jettent dans ses bras.

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Magnifique !

George VI était le papa de la reine actuelle, Elizabeth II.

Le Discours d'un roi est l'adaptation d'une pièce de théâtre (ça ne se sent pas du tout, beau challenge), écrite par David Seidler, qui a ensuite écrit le scénario du film. Il souffrait lui-même de bégaiements durant son enfance. L'exemple du roi George VI l'a beaucoup inspiré à soigner ce problème. "George VI est devenu un véritable héros pour David Seidler. Il a compris que le roi avait réussi à surmonter partiellement son bégaiement et il s’est dit que s’il y était arrivé, il pouvait le faire, lui aussi. C’est pour cela qu’il a voulu écrire cette histoire qui lui tenait tant à cœur." explique Geoffrey Rush.

Les critiques ont été très bonnes. TéléCinéObs résume parfaitement "De cette matière peu cinégénique, Tom Hooper a tiré un film passionnant sur le pouvoir des mots. Il organise un suspense qui culmine lors de la scène de discours final (...)."

Quelques rares détracteurs (sans coeur et violents) : "Dans le genre machine à oscars, "Le Discours d'un roi" se pose là, par l'académisme de son travail de reconstitution historique, son intrigue à faire se pâmer les lectrices de Gala (...) et son casting lourdement théâtreux. C'est pourtant à tous ces éléments que le film doit son minimum syndical." (Les Cahiers) - "Tom Hooper réalise un cinéma d'apparat et filme une famille royale mythique, confrontée par le contre-champ à un peuple traité comme un pur décor, et embringuée dans une histoire si généralisante et imprécise qu'elle en devient l'attirail de la fresque commerciale qui ne fonctionnerait pas économiquement sans le label " based on a true story "." (Critikat).

 

 

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07 décembre 2016

HUNGER GAMES 3 : LA REVOLTE - Deuxième partie - 8/10

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Un film de Francis Lawrence (2015 - USA) avec Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson, Liam Hemsworth, Donald Sutherland, Julianne Moore, Elizabeth Banks, Natalie Dormer, Philip Seymour Hoffman, Woody Harrelson

Super !

L'histoire : La guerre va commencer contre le Capitole, mais Katnis ne se sent pas toujours en phase avec les discours de Coyne. Elle décide qu'une seule voie est possible pour se débarrasser de Snox : le tuer. Et elle va en faire son combat personnel.

Mon avis : Fin des aventures de Katnis, une héroïne que j'ai vraiment eu plaisir à suivre pendant ces quatre films. Ce dernier opus est vraiment top et j'ai été captivée de bout en bout : rebondissements, abondance des décors, de trouvailles scénaristiques ou visuelles... on ne s'ennuie pas une seconde. Action, émotion, réflexion... c'est du divertissement, certes, mais pas idiot. Et quelle brochette de magnifiques acteurs, vraiment !

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En fait j'ai tellement aimé les Hunger Games que je vais m'acheter les livres !

Ce second épisode du tome 3 de l'histoire, particulièrement riche à côté du précédent (que je n'ai pas trop aimé), montre bien que c'est pour des raisons purement commercial que le livre de Suzanne Collins a fait l'objet de deux films : première et deuxième partie. Tout aurait très bien tenu en un seul, et on aurait évité La révolte, première partie, ennuyeuse et très planplan. 

Le problème : Peeta. Sur ce dernier film, je me disais il va mourir ou pas, ils vont se fâcher ou pas ? En espérant que oui, elle allait abandonner la partie et tomber dans les bras de Gale. Je ne l'aime pas, ce Peeta ! Je ne l'ai jamais aimé. Le personnage n'est pas très attirant... trop "faible", trop "chochotte". Je n'aime pas ces mots, car on est comme on est, et personne ne doit être blâmé. Mais dans ce contexte (fiction proche du conte), la "princesse" doit avoir un compagnon à sa hauteur, crotte ! Et le Peeta, on a l'impression qui'l est toujours en train de chouiner ou de faire des âneries. Et puis Josh Hutcherson est assez moche... je le dis tout net ! En plus cette coupe peroxydée qu'ils lui ont collée... affreux ! Je trouve le couple pas du tout crédible... 

Donc déception... oui, elle reste avec Peeta !!! 

A noter que ce sera la dernière apparition au cinéma de mon cher Philip Seymour Hoffman. Il est mort en 2014, et n'avait pas tourné toutes les scènes prévues pour ce 4e film. La production s'est arrangée pour allonger ses apparitions à l'écran à partir de ce qu'elle avait déjà en boîte, afin que maximiser au mieux le rôle de Plutarch, aimé par les fans, sans jamais trop insister, pour ne pas abîmer l'image de l'acteur disparu. C'est effectivement très bien fait, car pendant le film, je me suis demandé "Mais au fait... il est mort quand, mon Philip ? Après le film, sans doute...".

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Ca, je ne savais pas : cet épisode final est sorti sur les écrans la même année que Loin de la foule déchaînée, l'adaptation du roman de Thomas Hardy qui a inspiré Hunger Games. Le nom de famille de Katniss, Everdeen, est une référence directe à Bathsheba Everdene, cette héroïne de l'époque victorienne. Le roman aborde plusieurs sujets que l'on retrouve dans l'œuvre de Suzanne Collins tels que la lutte des classes et surtout l'émancipation féminine (merci Allociné).

Les critiques sont excellentes dans l'ensemble, mais on n'empêchera pas certains de ne pas aimer. Ce commentaire de Télérama m'a fait rire : "Tant d'héroïsme et de prouesses visuelles débouchent, hélas, sur une conclusion plutôt mièvre, où les traumatismes et les blessures se soignent sur fond de nature radieuse, façon pub pour Ricoré. Le trompe-l'oeil de trop" C'est pas complètement faux, ah ah ah, mais quand on aime Hunger Games, on se fout de ce genre de petits clichés, qui nous ravissent ! Ca fait partie du truc ; c'est un conte.

 

06 décembre 2016

A.I., INTELLIGENCE ARTIFICIELLE - 7/10

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Un film de Steven Spielberg (2001 - USA) avec Haley Joel Osment, Frances O'Connor, Sam Robards, Martin Swinton, Brendan Gleeson, William Hurt, Jude Law

Trop long, trop triste, mais bien quand même.

L'histoire : Dans un avenir proche, un scientifique projette de doter les robots, désormais parfaits au niveau de l'apparence humaine et de l'analyse des situations, d'émotions et de sentiments. Pour régler le problème de la surpopulation, il faut drastiquement réduire la possiblité de faire des enfants, et il propose d'offrir des "substituts" aux familles qui en souhaitent. Des enfants à aimer et qui vous aimeront. C'est ainsi que le petit David arrive chez Henry et Monica, un couple dévasté par la mort de leur fils de dix ans, Martin, dont le corps est maintenu en "vie" par la cryo dans l'espoir des futurs progrès de la médecine. David apprend peu à peu à se comporter comme un véritable enfant : mettre un pyjama, dormir la nuit... et il tombe tout de suite en amour pour sa jolie maman. Mais Martin revient à la vie et reprend sa place au sein de la famille...

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Mon avis : Malgré l'enthousiasme international qu'il suscite, je ne suis pas toujours hyper fan de Steven Spielberg. Même si je ne suis pas trop sévère avec ce film, il fait partie de ceux qui m'interpellent : pourquoi cette histoire ? pourquoi tant de mélo ? Avec une réalisation, top pour ce qui concerne les effets spéciaux, mais parfois elliptique, surtout au début, où les tenants et aboutissants ne sont pas très clairement définis. On passe de la salle du scientifique qui expose son projet à l'arrivée de David chez Monica. A priori c'est un prototype, car on en voit nulle part ailleurs. Est-ce un bon choix de prendre une famille qui vit l'impossible deuil d'un enfant mort ? Et pourtant la mère s'attache immédiatement à David (pour mieux s'en détacher après... étrange). Ce n'est pas très précis, les psychologies pas trop fouillées... alors que le sujet s'y prête. On touche quand même des sacrés thématiques :

  • la place de l'enfant dans la famille
  • la rivalité entre frères et soeurs
  • la technologie comme réponse (ou plutôt : béquille) à tous les problèmes
  • la différence

Et moi j'ai trouvé ça terriblement dérangeant. On nous montre un petit garçon en tout point semblable à des millions d'autres, avide d'amour. Or, c'est un androïde, et il ne sera jamais aimé comme les autres. On nous le rappelle souvent d'ailleurs (faut bien, il ressemble à un vrai, on l'oublie constamment...) en le traitant de "jouet". Sauf que lui dans sa petite tête, hautement intelligente (merci les scientifiques), il ne comprend pas pourquoi on ne l'aime pas. C'est horrible !!! En fait, il est comme un handicapé, et traité encore moins bien qu'eux. Par exemple, il ne peut pas manger, mais il veut être comme les autres, alors il essaie... et se retrouve au labo pour qu'on lui retire les épinards et autres saloperies de ses circuits électroniques ! Tout ça sans vraiment lui expliquer le pourquoi du comment. C'est indigne ! Il est rejeté par les amis de son "frère", qui le touchent, le tripotent, se moquent de lui pour voir les différences entre eux et lui. Quant au père... il est aux abonnés absents ! 

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Et ensuite, on se débarrasse de lui... Et il erre dans un monde complètement hostile, avec son nounours. Un cauchemar ! Même Pinocchio est mieux traité !

Il faut savoir que Stanley Kubrick avait été pressenti pour la réalisation et si c'était lui qui avait fait le film, le côté dérangeant aurait été - à mon avis - largement assumé et bien exposé. Dommage, Spielberg a fait du petit héros une sorte de personnage Disney égaré dans un parc d'attractions. Stanley Kubrick travaillait en effet sur le projet d'une adaptation de la nouvelle de Brian Aldiss Supertoys last all summer long depuis des années, lorsqu'il prend finalement la décision de confier le projet à son ami Steven Spielberg. Mais si Spielberg a conservé pour une large part les 80 premières pages de scénario rédigées par Kubrick avant sa mort, on peut toutefois relever une différence notable, entre les deux réalisateurs, dans leur conception de Gigolo Joe. Pour Kubrick, il s' agissait d'un robot-débauché, vil et lâche, collant au plus près de " la nature humaine ", alors que chez Spielberg, cette profondeur psychologique du personnage a été édulcorée et, sous les traits angéliques de Jude Law, Gigolo Joe est devenu simplement un guide et un compagnon de route pour David. Et qui pour le coup reste très anecdotique, alors que - si je comprends bien - dans la nouvelle, il dénonçait les travers des hommes au travers des robots qui, en leur ressemblant trop, imitaient aussi leurs défauts. Cette dimension sociologique est totalement absente du film de Spielberg.

Où diable Spielberg avait-il la tête ? C'est quoi le message ? Les limites de l'intelligence artificielle ? Le danger de créer des droïdes dotés d'émotions ? L'impossibilité pour certains d'aimer celui qui est différent ? Celui qui n'est pas de votre sang ? (bizarre pour quelqu'un qui a adopté des enfants). Un peu de tout ça... mais tellement sirupeux et mélo...

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Et puis c'est vraiment trop long : la dernière demi-heure est pénible et redondante. Et abominablement triste. Raccourci, avec des personnages mieux définis psychologiquement, ça aurait pu faire un grand film, posant la question de l'enfant objet (pas besoin d'être un robot, dans la société actuelle, pour être considéré comme un joujou, bien encombrant quand on se met à marcher et à parler), voire d'objet transitionnel, et de la place des robots dans le monde de demain.

Je ne garde du film que le souvenir de ce petit garçon malaimé. Et quelques passages assez marrants sur la fin avec le personnage interprété (brillamment) par Jude Law et les cimetières de robots et leurs divers "recyclages". L'ambiance générale m'a plu, avec de jolies trouvailles visuelles.

A noter que l'ours en peluche qui parle m'a fortement fait penser à Ted ! Aurait-il inspiré Seth McFarlane ?

Les critiques sont plutôt bonnes dans l'ensemble, mais semblent elles aussi assez perplexes sur les intentions de Spielberg. 

 


05 décembre 2016

LA PEAU DE BAX - 3/10

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Un film de Alex Van Warmerdam (2015 - Pays-Bas) avec Tom Dewispelaere, Alex Van Warmerdam, Maria Kraakman, Gene Bervoets

Banal mais formellement intéressant.

L'histoire : Un monsieur se réveille, et sa petite famille lui saute dessus pour lui souhaiter son anniversaire. Mais le boulot l'appelle. Et il promet à sa femme d'être rentré à temps pour la fête qu'elle a préparée le soir avec leurs amis. Ce qu'elle ne sait pas, c'est que monsieur est tueur à gages. Il a pour mission d'aller abattre un écrivain, qui vit seul dans les marais. Fastoche. Mais finalement plus compliqué que prévu...

Mon avis : Du cinéma néerlandais... c'est pas souvent. Mais si l'histoire est d'une banalité assez affligeante, j'ai aimé la mise en scène : des personnages un peu chtarbés (qui pourraient rappeler ceux des frères Coen) et des décors étonnants, inhabituels, qui donnent une atmosphère. Des marais à perte d'horizon, entre hautes herbes verdoyantes et ondulantes et filets d'eau, un bungalow sur pilotis, totalement isolé... et hyper luxueux à l'intérieur. J'ai bien aimé l'ambiance.

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Mais... qu'est-ce que je me suis ennuyée...

Il paraît que c'est une comédie-thriller, mais je n'ai pas ri. Ni thrillé. Souri une ou deux fois tout au plus.

Critiques enchantées. Je citerai AVoirALire : "petite perle d’humour noir, qui, derrière son aspect ludique et désopilant, cache une recherche esthétique méticuleuse." qui rassemble un peu tous les compliments des autres. Je n'ai pas trop vu d'humour noir pour ma part et encore moins de gags désopilants...

D'ailleurs, côté public, on est beaucoup beaucoup moins réjouis... voire carrément déçus.

Le réalisateur explique : "Je voulais faire quelque chose avec un tueur à gages, un lac, beaucoup de roseaux. Dans cette idée , on aperçoit déjà l’univers du western. On peut interpréter le roseau et l’eau comme des substitutions de la prairie. Et un tueur à gages est en fait un chasseur de primes." Ouais, OK. Et ?

Je mets 3 pour ce décor de "bayous du nord".

 

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04 décembre 2016

SICARIO - 8/10

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Un film de Denis Villeneuve (2015 - USA) avec Emily Blunt, Benicio Del Toro, Josh Brolin, Daniel Kaluuya

Un peu compliqué... mais le milieu décrit l'est... 

L'histoire : Kate est agent du SWAT, brigade spéciale du FBI, qui intervient avec force sur les situations compliquées. Lors d'une opération, visant à délivrer des otages, détenus par un caïd de la drogue, elle et son équipe font une découverte abominable : des dizaines de cadavres, planqués derrière les cloisons de la maison, et pour finir une bombe bien cachée qui explose au nez des agents. Ils font fort, les trafiquants de drogue... Il va falloir répondre avec autant de hargne. Kate, qui a brillé par son professionnalisme, est alors invitée par le Ministère de la Défense à participer à une mission d'envergure. Elle rejoint l'équipe de Matt et l'énigmatique Alejandro. Qui ne lui expliquent rien et lui disent, à chaque fois qu'elle ouvre la bouche, qu'elle est là pour apprendre... Mais apprendre quoi ? Et quel est le plan ?

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Mon avis : Encore un film sur la drogue. Encore les cartels sud-américains et les pauvres nord-américains obligés de lutter contre ce fléau... Encore la frontière mexicaine. MAIS voilà, ce qui est bien avec Sicario c'est que le ton est nouveau ! Non, ils ne sont pas si gentils que ça, les Yankees, et ils ont des méthodes pas vraiment très propres pour combattre. Ceci dit... on voit difficilement comment on peut guerroyer avec la fleur au fusil quand les ennemis ont des kalachs. 

Mais au moins Villeneuve nous éclaire et son film est finalement beaucoup moins "aseptisé" que les autres. Il y a des cadavres qui puent, des gens de la CIA qui mentent et font du chantage, on tire sur des enfants... Un chat est un chat, mais du coup on a l'impression qu'on ne nous prend pas pour des idiots et qu'on nous montre vraiment la réalité des choses. Et c'est pas beau à voir (ce dont on se doutait un petit peu quand même). 

Le début est un peu déroutant ; on est comme Kate, on ne comprend rien ! Mais pourquoi donc l'avoir embarquée dans cette galère si elle n'est là que pour regarder ? Les deux hommes sont odieux (Broslin, avec son sourire arrogant est à baffer !), d'un machisme épouvantable... Petit à petit on pige et la fin est sidérante. Interprétation remarquable des trois acteurs principaux. Emily, qu'on voyait plutôt dans des petites choses assez classiques, est magnifique ; un petit bout de femme limite fragile, dotée d'un vrai tempérament, même si au final... Doublement retors, les mecs. Un témoin, une femme : tout ce qu'il y a de plus "commercial" pour légitimer une affaire. On notera au passage le féminisme de Villeneuve qui offre à l'actrice un rôle magnifique, loin des stéréotypes habituels. Il s'est même battu pour imposer le choix de son scénariste : la production souhaitait que le personnage soit écrit pour un homme, mais le scénariste n'a jamais revu sa position car ce rôle était fortement inspiré d'une femme militaire qu'il avait rencontrée au Texas. Et toc.

Tellement invraisemblable (dans le sens où on a du mal à croire que des choses aussi épouvantables existent)... mais tellement plausible... qu'on en reste pantois.

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Sicario veut dire tueur à gages en espagnol. Et renvoie au personnage incarné par Del Toro.

Le scénariste, Taylor Sheridan, précise : "Ce qui faisait le charme de la zone frontalière, la rencontre et le mélange des cultures, a complètement disparu. J’ai réalisé que le Mexique, ce pays où l’on pouvait se rendre tranquillement en voiture, n’existe plus aujourd’hui. C’est devenu un endroit sans foi ni loi. Il n’existait aucun film sur la manière dont la vie a changé dans le nord du Mexique, sur la façon dont la drogue et la corruption gouvernent tout désormais, et sur l’évolution des cartels qui sont devenus des groupes militarisés. Pas un seul film ne parlait de cela, ni de la façon dont la grosse machine qu’est le gouvernement américain traite ces problèmes qui débordent de son côté de la frontière."  et aussi : "Au début, ça a été le silence total. Je me suis déplacé tout le long de la frontière, mais on ne peut pas demander tranquillement une interview à un membre de cartel ou à un représentant officiel du gouvernement. La seule façon d’obtenir des infos, c’est de gagner la confiance des gens qui sont le plus touchés par ce trafic : les migrants qui, poussés par le besoin, franchissent la frontière et peuplent le no-man’s land qui s’étend entre le sud de l’Arizona, le Nouveau-Mexique et le nord du Mexique. Ce sont eux, mes sources."  (merci Allociné)

Une suite est prévue, même scénariste, mais changement de réalisateur. Le héros sera Alejandro. Et Taylor Sheridan compte bien écrire aussi un troisième scénario, pour former une trilogie.

Première résume fort bien : "Un film implacable et grand, qui se savoure comme une lente montée d’adrénaline et redonne foi dans le cinéma américain. Sicario est ce film-là." Elle aussi : "Emily Blunt (...) incarne le compas moral de ce thriller efficace et dérangeant, où il est très difficile de distinguer les bons des méchants." (bien que je n'aime guère le terme "moral").

Mais l'immense majorité des autres professionnels sont tous du même avis : superbe film, sans compromis. Y a guère que Les Cahiers qui n'aiment pas. On ne sait pas trop pourquoi. Commentaires sybillins.

 

03 décembre 2016

SERIE : RAY DONOVAN (2013 - en attente saison 4) - 7,5/10

Ray Donovan est une série télévisée américaine créée par Ann Biderman diffusée depuis le 30 juin 2013 sur Showtime. En France, la série est diffusée le 31 mars 2014 sur Jimmy. Elle comporte à ce jour 4 saisons de 12 épisodes chacune.  

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Synopsis 

Ray Donovan travaille pour un influent cabinet d'avocats : les familles les plus aisées de Los Angeles, et les célébrités, font appel à lui lorsqu'elles sont dans une situation compromettante. Ray et son agence arrangent la vérité pour les médias afin de sauver des carrières. Ray est un homme intègre, assez mutique (ce que sa femme lui reproche), qui doit prendre parfois quelques "arrangements" avec la loi et la morale pour protéger ses clients. Il habite une belle maison, travaille beaucoup, a une famille qu'il adore, même s'il n'est pas très communicatif. Il s'occupe aussi de ses deux frères, Terry et Bunchy, qui tiennent une salle de boxe, et son un peu largués. Terry souffre de la maladie de Parkinson, et Bunchy est traumatisé par les abus sexuels qu'il a subis enfant, perpétrés par un prêtre. Dans ce contexte, débarque Mickey, leur père... Qui vient de passer vingt ans en prison. Un homme redoutable, charmeur, manipulateur, ex dealer, emprisonné pour meurtre, mari volage, père absent. Il veut pourtant renouer avec sa famille. Ray refuse de laisser revenir cet homme qui a détruit sa vie... et pourrait bien menacer l'équilibre qu'il a construit. On découvre au fur et à mesure des épisodes et des saisons la terrible enfance qu'on vécue les frères Donovan...

Acteurs principaux 

  • Liev Schreiber : Ray Donovan
  • Jon Voight : Mickey Donovan
  • Paula Malcomson : Abby Donovan
  • Eddie Marsan : Terry Donovan
  • Dash Mihok : Bunchy
  • Steven Bauer : Avi
  • Katherine Moennig : Lena
  • Pooch Hall : Daryll Donovan
  • Kerris Dorsey : Bridget Donovan
  • Devon Bagby : Conor Donovan

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La série a été bien accueillie aux Etats-Unis. En France également. Pour Télérama « Autant dire qu'on ne s'ennuie pas dans Ray Donovan, mélange soigné de thriller mafieux et de drame familial... elle profite d'une belle utilisation de Los Angeles (on bouge beaucoup) et d'un casting quatre étoiles (Mickey Donovan est incarné par un Jon Voight parfait, et tous les seconds rôles sont au poil, à commencer par Eddie Marsan (vu dans Southcliffe). La présence animale de Schreiber, le côté salaud-attachant du personnage, les rebondissements de l'intrigue nous accrochent. ». Pour les Inrocks, « Sous le soleil exactement, la dépression guette sévèrement les pantins de ce drame capable d’accès de folie en tous genres. »

MON AVIS

Voilà une série... inclassable. Elle mélange efficacement un côté gangster... et pourtant Ray Donovan n'est pas un gangster (mais il en fréquente) ; et un côté drame familial (un couple en crise de communication, un affreux jojo de grand-père qui débarque, des frères bras cassés, des ados en mode ado...)... Le tout dans un Los Angeles qu'on a rarement aussi bien vu. On visite la ville en long en large, de ses beaux à ses bas quartiers, de ses gratte-ciel aux petits (ou grands) pavillons de sa banlieue tentaculaire, avec vues sur ses douces collines ensoleillées ; j'adore !

Mais le point essentiel de la série, ce sont les personnages ! Tous des cas sociaux, qui provoquent forcément, de par leurs bizarreries, des tas de rebondissements et de complications, y compris l'épouse de Ray, qu'on pourrait qualifier de "normale" mais qui est tout de même un peu casse-bonbon sur les bords ! Les deux stars, Liev Schreiber et Jon Voight sont deux acteurs que j'adore, malheureusement voués la plupart du temps à des seconds rôles au cinéma. Ici, ils sont les héros, et quels héros ! Liev est imposant, un charisme fou, un félin, constamment déchiré entre son travail et sa sacrée famille : tous des "enfants" qui n'arrêtent pas de faire des bêtises qu'il doit réparer. Quant à Jon, alors là... chapeau ! C'est un festival ! Le personnage est un homme âgé, sans morale, manipulateur ; il boit, il sniffe, il nique, tout en charmant son monde comme personne. Et Jon est juste fantastique ! Dès qu'on le voit apparaître à l'image, on sourit : Oh la la, qu'est-ce qu'il va encore nous faire ? Sans compter qu'il a gardé tout le charme de sa jeunesse !

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Amusant aussi de retrouver le génial acteur britannique, Eddie Marsan, à Hollywood ! Inutile de vous dire qu'il est parfait.

Une série vraiment sympa, avec des petits rôles dévolus au fil des saisons à plein d'autres acteurs célèbres : James Woods, Rosanna Arquette, par exemple, dans la saison 1.

Mon seul problème, c'est la femme de Ray. Je n'aime pas du tout l'actrice. Ce que je vais dire est atroce, mais je la trouve moche. Non, on va dire ça autrement... Car Liev lui-même n'est pas un homme canon, MAIS il a un charme à vous damner pour l'éternité. Or Paula Malcomson, ce n'est pas le cas. Elle n'est pas très jolie (grand nez, menton en galoche, des fois elle me fait penser à une sorcière...), mais en plus elle ne dégage rien. Pourtant que ce soit son mari ou les hommes qu'elles croisent, tous s'exclament "Qu'est-ce que t'es belle !". Bon... ben alors moi j'ai mes chances comme sosie officiel de Penelope Cruz... En outre, son personnage m'énerve : elle adore son mari, mais ne supporte pas son mutisme et ses petits secrets ; donc un coup elle veut se barrer, un autre elle revient, super amoureuse super collante, et ainsi de suite, constamment... Hystérique. Elle me fatigue. 

Pas terrible non plus la jeune actrice qui incarne la fille de Ray... Pas très jolie (je ne leur demande pas d'être des bombes, c'est pas ça... mais j'aime les gens qui ont une "étincelle"), hyper banale...

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Sur ces considérations très superficielles... je termine en disant : Voyez Ray Donovan ! C'est captivant et souvent amusant, avec le père et les frères de Ray, de vrais boulets !

 

 

02 décembre 2016

LE LABYRINTHE 2 : LA TERRE BRULEE - 4/10

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Un film de Wes Ball (2015 - USA) avec Dylan O'Brien, Ki Hong Lee, Kaya Scodelario, Thomas Brodie-Sangster, Patricia Clarkson, Aidan Gillen, Giancarlo Esposito, Lili Taylor

Planplan.

L'histoire : Thomas et ses potes sont soignés dans le laboratoire qu'ils ont enfin découvert, mais comprennent assez vite que l'expérience n'est pas finie et qu'on veut se servir d'eux. Ils s'enfuient, pour rejoindre un groupe de rebelles, et comprendre ce qu'est réellement cette organisation mondiale, le WICKED qui veut établir sa loi. Ils découvrent aussi l'ancien monde : une planète dévastée.

Mon avis : J'aime bien les dystopies adolescentes ; je m'identifie complètement (je vous rappelle que je suis très jeune d'esprit, ah ah ah !) ; je marche à fond. J'aime beaucoup les Hunger Games, Divergente... et j'avais adoré le premier épisode du Labyrinthe. Mais là, j'ai été déçue. Parce que tout ce qu'on voit, on l'avait plus ou moins deviné à la fin du précédent. Toujours le même topo, le virus, les survivants, les scientifiques, les aléas d'une "nouvelle civilisation en marche"... Vous me direz "Ben oui, c'est une dystopie, quoi." On est d'accord... Mais le Labyrinthe 1 avait bien sa propre identité, j'avais bien aimé l'idée de grand parc naturel entourée de murs infranchissables, entouré de labyrinthes mystérieux, et cette poignée d'ados en survie qui ne savaient absolument pas ce qu'ils faisaient là. Je m'attendais pour le second à de très brèves explications, puisqu'on avait deviné et que la fin nous confirmait le topo, puis à un vrai développement : des scientifiques très très pourris, des expériences inhumaines, voire des extraterrestres (non... on a encore des zombies) ! Y a un peu de ça mais franchement c'est du déjà vu, du train-train... entre Mad Max et Divergente.

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Ca court dans tous les sens et voilà.

Et puis je trouve les jeunes acteurs assez peu charismatiques... Je ne me souvenais pas de leurs visages pour ce deuxième opus, sauf de Thomas, bien sûr, qu'on connaît depuis tout petit, et qui a un visage original. Et déjà ce matin, ils sont repartis dans les limbes de ma mémoire ! Quant aux dialogues, c'est stéréotypes et compagnie.

Beaucoup d'enthousiastes dans la presse, mais aussi beaucoup qui pensent comme moi : "Un imaginaire pauvre (zombies surexcités, cités dévastées) et une mise en scène en pilotage automatique : le produit est dévitalisé, anecdotique et déprimant." (Le Nouvel Obs) ; "Durant le périple, les attaques de zombies se multiplient et c’est à peu près tout. On ne s’étonnera pas si ce scénario laisse le spectateur exsangue." (Le Journal du Dimanche) ; "Faute d'idée, le scénario se contente d'enchaîner les scènes d'action, efficaces, mais déjà vues. Surtout les personnages, si convaincants dans le premier film, n'évoluent pas, au risque de décevoir leurs fans." (Télé 7 Jours).

 

30 novembre 2016

MINI-SERIE : JANE EYRE (2006 - 4 épisodes - série terminée) - 7,5/10

Jane Eyre est une mini-série britannique en quatre épisodes, réalisée par Susanna White, diffusée pour la première fois à l'automne 2006 sur BBC One. C'est une adaptation télévisuelle du roman éponyme de Charlotte Brontë paru en 1847 et fréquemment adapté tant au cinéma qu'à la télévision. Elle a été diffusée en France sur Arte en septembre 2012.

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Haddon Hall, alias Thornfield

Cette version, suffisamment longue pour ne pas trop perdre d'éléments de l'histoire originale, a été saluée par la critique et a reçu de nombreux prix. Mettant en scène un certain nombre d'acteurs connus et appréciés du public anglais, elle offre aussi un premier rôle à de jeunes acteurs, et même le rôle principal à une actrice alors pratiquement inconnue à la télévision, Ruth Wilson.
 
Synopsis 

Jane Eyre, orpheline, passe une enfance malheureuse auprès de sa tante, et de ses cousins, dont elle est le souffre-douleur. A dix ans, elle est envoyée à Lowood, une sinistre institution charitable pour jeunes filles désargentées. Elle y reste huit ans, d'abord comme élève, puis comme institutrice. À la recherche d'un autre emploi, elle reçoit de Mrs Fairfax, intendante à Thornfield Hall, une proposition pour devenir gouvernante d'Adèle, une petite Française, pupille du maître des lieux, Mr Rochester. Ce dernier est rarement présent, lui dit-on. C'est un homme sombre et brusque, sarcastique et d'humeur fantasque, mais il semble l'apprécier et se livre peu à peu à des confidences. Elle se met à l'aimer et à rêver…

Thornfield a des secrets : une étrange lingère, Grace Poole, vit au troisième étage de la tour et on entend parfois un rire démoniaque dans les couloirs. Une nuit, effrayée par des bruits bizarres, Jane va jusqu'à la chambre de Mr Rochester et a juste le temps de l'aider à quitter son lit en feu. Le lendemain, il part chez des amis et en revient au bout d'une quinzaine en nombreuse et gaie compagnie. Il semble courtiser la belle et dédaigneuse Blanche Ingram, mais tient à ce que Jane les rejoigne au salon tous les soirs. 

Apprenant que sa tante est mourante et la réclame, Jane demande la permission d'aller la voir. Lorsqu'elle rentre, Thornfield est en train de se vider de ses derniers invités. Rochester demande à Jane de l'épouser...

J'arrête là pour ceux qui ne connaissent pas l'histoire...

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Acteurs principaux

  • Ruth Wilson : Jane Eyre 
  • Toby Stephens : Edward Fairfax Rochester
  • Lorraine Ashbourne : Mrs Fairfax
  • Cosima Littlewood : Adèle
  • Christina Cole : Blanche Ingram
  • Tara Fitzgerald : Mrs Reed
  • Andrew Buchan : St-John Rivers

Pour Ruth Wilson, actrice de théâtre, il s'agit de son premier vrai rôle à la télévision. Elle avait été repérée dans un sitcom de Channel Five. Jane Eyre se décrit comme "petite et laide", ce qui est loin d'être le cas pour Ruth. Cependant elle reconnaît elle-même que ses traits sont assez inhabituels.

La série est entièrement tournée dans le Derbyshire et le Peak District. Le principal lieu de tournage est Haddon Hall, l'imposant manoir médiéval de Lord Edward Manners, qui représente Thornfield. Il est cependant nécessaire de créer en studio le long couloir qui dessert les chambres à Thornfield, la chambre de Jane et celle où brûle le lit de Rochester. 

Accueil du public et de la critique 

Les admirateurs les plus pointilleux de Charlotte Brontë et de son œuvre reprochent à la série son manque de respect du décorum victorien et l'emphase sur l'attirance sexuelle entre deux héros. Ils oublient combien le roman a choqué à sa parution, à cause de l'indépendance d'esprit de Jane et de son comportement assez peu conventionnel... Certains inconditionnels du roman accusent aussi le scénario d'être trop elliptique, regrettent qu'il passe trop vite sur l'enfance et la jeunesse de Jane, et n'ait pas assez repris de citations originales.

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De son côté, la presse britannique, dans l'ensemble, est élogieuse. Analysant, dans The Guardian, la fascination pour le personnage de Jane, dont « le robuste sens de l'estime de soi est un antidote à nos jérémiades Bridget-Jonesques », Lucasta Miller constate qu'il est tout à fait « possible de faire une dramatique réussie en racontant tout simplement l'histoire ». Elle souligne l'excellente performance de Toby Stephens, qui réussit à rendre Rochester en même temps macho et vulnérable, et celle de Ruth Wilson dont la Jane est perplexe, solide et équilibrée. Aux États-Unis, la presse spécialisée n'est pas en reste : le critique du Hollywood Reporter, apprécie que la nouvelle adaptation « mette en valeur toutes les nuances du portrait original, le restaurant dans toute sa gloire ». Celui de USA Today affirme que « l'adaptation est envoûtante et montre une richesse à laquelle atteignent rarement les programmes de la télévision américaine ».

Pour la diffusion sur Arte, les critiques les moins favorables considèrent que « la mini-série reste un peu académique, le rythme un peu lent », que « Ruth Wilson est une Jane un rien trop jolie », Toby Stephens un Rochester moins rude et caractériel que l'original, et que « les ralentis tiennent souvent lieu de partis pris de mise en scène », mais la plupart reconnaissent que cette « jolie version », qui « s'efforce de mettre en évidence toutes les nuances de l'œuvre originale », séduit grâce au talent d’actrice de Ruth Wilson, une Jane vibrante, « frémissante à souhait », et une mise en scène esthétique, où chaque scène ressemble à un tableau et où le gris est partout, dans toutes ses nuances. Constance Jamet, dans TV Magazine parle de « conte cruel sur la violence et la manipulation des sentiments », qui « restitue l'atmosphère gothique voire fantastique de l'œuvre originale », tandis qu'Hélène Bry, dans Le Parisien, souligne « le talent de cette adaptation de la BBC : montrer la force de la résilience ».

La série a reçu de nombreuses récompenses.

MON AVIS 

Jane Eyre, je connais par coeur. J'ai lu le roman cent fois, ça doit être le livre que j'ai le plus lu dans ma vie. Le XIXe, l'Angleterre, le romantisme gothique... Chaque fois qu'il sort une version, quelle qu'elle soit, je DOIS la voir. Et celle-ci, quatre épisodes de 50 mn environ, n'est pas mal du tout ! Par rapport à tous les fantasmes que j'ai désormais dans la tête, les personnages, le château, les événements, tout se déroule comme il faut !

J'ai trouvé Ruth parfaite. Bien sûr, Jane dans le roman se dit "petite et laide", mais on a tous des complexes, non ? Elle exagère sûrement. On attend cependant que Jane ne soit pas "trop" jolie, c'est sûr. Ce fut le cas avec les films de 1996 et de 2012 : Charlotte est géniale, pas vraiment belle mais un charme fou quand elle sourit ; Mia, elle, est très belle, mais l'absence de maquillage et son visage fermé en font une Jane plus que convaincante. Mia reste ma préférée à ce jour. Pour revenir à Ruth, son physique particulier, avec cette lèvre supérieure en avant, et ce petit menton légèrement en retrait, s'adapte très bien au personnage. Elle n'est pas canon, dans le sens littéral du terme. Mais son regard immense, farouche, intense, et ses expressions pleines de nuance donnent un portrait de Jane qui me satisfait pleinement !

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Pour Rochester... William Hurt (1996) et Michael Fassbender (2012), étaient sacrément beaux gosses ; on comprend que la petite demoiselle tombe amoureuse. Le côté taciturne est très bien respecté, ce sont des acteurs merveilleux qui n'ont plus rien à prouver, ils font ça très bien. Je ne connaissais pas du tout par contre ce Toby Stephens et je l'ai beaucoup apprécié. Arrogant, cynique, mais on sent bien sous le grand fauve le petit coeur qui bat. Un vague air de Hugh Grant par là-dessus... et il nous emporte !

Le château correspond pile poil à celui de mon imagination. Choix extraordinaire ! Une beauté rude, sauvage, qui ne se donne pas au premier abord. 

Les images sont jolies, les costumes soignés, les paysages d'hiver sublimes. On sent cependant la touche "télé", au budget moins faramineux que le cinéma. Un peu trop gris. Mais peut-on reprocher ce trait au réalisateur, dans la mesure où le roman est sombre, minéral, teinté de pluie, de froid, de brume. Rien d'artistique ou d'extraordinaire, mais une bonne et sincère adaptation, qui fait rêver la Jane qui sommeille en moi.

Au final, j'ai passé d'excellents moments et je ne regarderai plus jamais Ruth Wilson de la même façon.

Une belle interprétation de Jane et de Rochester, et vous gagnez mon coeur à jamais, les gars, les filles !