CinéMagic

21 décembre 2016

CLAP DE FIN

Voilà, c'est fini... J'arrête.

Depuis un moment, je me "cherchais", je ne me reconnaissais plus trop dans ce blog, mais depuis que je l'ai résolument "féminisé", j'avais pris un nouvel élan. Sans retrouver la passion des débuts toutefois. Et puis il y a surtout deux raisons, qui n'ont rien à voir avec l'écriture et le cinéma, qui m'ont définitivement décidée à laisser tomber :

*** J'ai des problèmes de vue, un début de décollement de rétine ; je vois plein de mouches ! Ca s'opère oui, mais moi ils ne veulent pas, ils veulent reculer au maximum car c'est risqué chez les très grands myopes : cela peut fragiliser l'oeil et déclencher une cataracte ; or je suis "encore trop jeune", disent-ils (merci !) pour subir ce qui reste un traumatisme pour l'oeil. Donc je vis avec mes mouches qui se baladent ; on s'habitue. J'ai aussi un syndrome de l'oeil sec, je suis obligée de mettre des gouttes toutes les heures, sinon ça tire, ça fait mal. Comme par hasard, le problème disparaît dès qu'on n'est plus devant un écran... Avec tout ça, ma vue fatigue vite, principalement dans deux situations : la conduite automobile... et l'ordinateur. Je peux passer de moins en moins de temps dessus et je dois revoir un peu toutes mes occupations en fonction de ce petit souci. Et je me demande ce que vont devenir les yeux de nos enfants et petits-enfants, constamment rivés sur des écrans... Faites gaffe, tous !

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*** Mon mari va être en retraite d'ici huit mois. C'est une nouvelle vie qui va commencer, dont nous voulons profiter un maximum pendant qu'il est temps. Plus de balades, plus de voyages et de spectacles si le porte-monnaie le permet, plus d'activités physiques... ce qui va réduire considérablement le temps disponible devant l'écran... et c'est très bien comme ça. 

Mais il n'y a pas que ça.

Il y a tout un tas de petites choses qui commençaient à me fatiguer vraiment le ciboulot...

°°° Cette obsession de la "collection" que j'ai en tête. En fait, j'aurais voulu voir TOUS les films depuis l'invention du cinéma. C'était une sorte de challenge personnel. Hélas cette manie ne concerne pas que le cinéma (et je vais arrêter aussi mon blog d'architecture pour exactement toutes les mêmes raisons évoquées ici). Je me rends bien compte que c'est impossible et il faut savoir se résigner. Surtout à mon âge ! Je n'y arriverai jamais, mais chaque fois que j'écris un nouveau billet, ce petit défi continue de me trotter dans la tête, me frustre, m'agace. Alors arrêtons de nous faire du mal ! 

°°° J'en ai franchement marre - vous le savez - de voir un tas de navets ! Vous êtes nombreux à me redemander régulièrement pourquoi je m'inflige ça. J'ai répondu deux cents fois, mais la question traîne encore de ci de là. Il y a d'abord l'idée de "collection" dont j'ai parlé ci-dessus. Je veux TOUT voir et mon mari est un peu pareil. Il y a aussi le fait qu'en salles, c'est loin, et c'est cher. Reste la télé... qui est un outrage permanent à la culture et offre 80 daubes pour 20 bons films. Quand je vois que dans mes tags Bruce Willis (je ne suis pourtant pas fan) et Robert De Niro sont à égalité... je me dis qu'il y a comme un problème ! Et le ratio est pareil pour les séries. Il faut donc se procurer des films ailleurs. La VOD ou les abonnements à des bouquets, quand on est des gros consommateurs comme nous, c'est cher (on n'a qu'un salaire à la maison depuis dix ans). Reste... vous savez quoi. Mais certains films que vous me conseillez ne sont pas forcément dispo. Par ailleurs ils sont de plus en plus enregistrés sur des formats HD, ou blu-ray... incompatibles désormais avec notre télé. Nous voyons moins de films, moins de séries, davantage de docus, reportages, etc. principalement sur Arte et la 5, les deux seules chaînes qui font du programme intelligent et culturel. 

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°°° Il y a désormais ce problème récurrent : le rachat par Getty Images ou Alamy Stock de beaucoup de photos, qu'ils filigranent pour qu'on ne puisse plus les utiliser. Evidemment, ce sont les meilleures. Il nous restera bientôt plus, à nous pauvres blogueurs désargentés, que les toutes petites, les moches, les floues, les copies écran mal faites, etc. Je passe beaucoup plus de temps à chercher mes illustrations qu'autrefois et ça me gave ! Et j'ai pourtant des ruses de coyote : mots-clés, titres en langues étrangères, filtres taille, ou couleur, etc... Si l'intention des boîtes à images est de rafler tout le potentiel Google Images... c'est la mort de la blogo et de ses hébergeurs. 

°°° Je n'ai pas beaucoup de visiteurs. Ce n'est pas pour le chiffre que je blogue, bien sûr. Mais quand on écrit, il ne faut pas se mentir, c'est parce qu'on a envie d'être lu. Puis de partager, discuter... Quand je vois tous ces commentaires sur certains blogs, j'avoue tout de même que j'ai un petit pincement, je suis un peu vexée... D'autant que - comme je nage souvent à contre-courant (j'aime ce que les autres n'aiment pas, je n'aime pas ce que les autres aiment) - ça me vaut beaucoup de "comment tu peux trouver ça bien ?" ou "comment peut-on aimer un nanar pareil ?". Au bout d'un moment, ça lasse... c'est désobligeant et fatigant.

°°° Justement, je me rends compte que les blogs qui fonctionnent - au niveau du cinéma - sont ceux qui ont des articles très pro. Tellement que je me demande parfois où ils vont chercher tout ça, ces analyses pointues, ces comparaisons, comment ont-ils fait pour avoir vu et retenu autant de films leurs permettant de mettre en parallèle tel ou tel mouvement de caméra, telle ou telle direction d'acteurs ? Ca me scie, ça me saoûle, ça me dégoûte, je me trouve très nulle... J'ai le complexe de l'imposture. 

°°° Marre aussi des "trolls" anonymes qui viennent vous couvrir d'insultes gratuites, de commentaires méchants voire de propos pédophiles ou porno... Marre aussi des intégristes musulmans qui vous inondent de sourates du Coran (et oui...) J'essaie de les ignorer, mais ça fait mal de penser que notre société engendre de telles incivilités et une telle sottise.

MAIS

Ces dix années à bloguer pour le cinéma (et plus récemment pour les séries) fut une aventure merveilleuse, qui m'a passionnée. J'ai arrêté définitivement de travailler suite à des ennuis de santé et ensuite je n'ai jamais pu retrouver un job. Bloguer m'a évité la dépression (non pas d'avoir quitté mon  job, que je détestais, mais de supporter le problème de santé qui en était la cause) ! Bloguer, c'était assouvir mon énorme besoin de création : écrire, faire des recherches, trouver les bonnes photos, faire une jolie mise en page... J'ai adoré ça.

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Et d'ailleurs je n'abandonne pas tout à fait ! J'ai commencé un blog sur mes lectures. Il sera beaucoup moins chronophage, car je ne lis pas un livre par jour ! Ce sera donc parfait pour cette nouvelle période qui s'annonce. Et puis un blog sur le cinéma des années 50 (ça devrait intéresser Ideyvonne !) ; là non plus, je ne posterai pas tous les jours (et je vais commencer par y rapatrier tous ceux qui figurent ici) donc ce sera plus cool. Et dans les deux cas, je ne me lancerai pas dans de longs billets exprimant mes sentiments, pas toujours intéressants, mais je donnerai juste mon avis, avant de laisser la place à ce qui se dit globalement sur Wiki ou d'autres sources. 

J'ai tissé de jolis liens avec certains d'entre vous. Ils se reconnaîtront. Ceux qui ont envie pourront me suivre sur mes nouveaux blogs Lectures et Cinéma des années 50 ou me joindre sur mon email : catbichon@orange.fr.  

Au revoir à tous ! 

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 Spécial Dédicace Ronnie

Te voilà... délivré, libéré !

 

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 Et JOYEUSES FETES DE FIN D'ANNEE A TOUS !

 

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20 décembre 2016

SEX AND THE CITY 2 - 0/10

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Un film de Michael Patrick King (2010 - USA) avec Sarah Jessica Parker, Kim Catrall, Cynthia Nixon, Kristin Davis, Chris Noth

D'une vulgarité affligeante...

L'histoire : Quatre copines new-yorkaises très riches. Carrie, écrivain, mariée ; Charlotte, mariée, 2 enfants ; Miranda, avocate, mariée, 1 enfant ; Sam, attachée de presse, célibataire et croqueuse d'hommes. Cette dernière rencontre un richissime hôtelier d'Abou Dhabi (Emirats arabes unis) qui l'invite gratos dans son complexe de luxe avec ses copines, afin qu'elle puisse ensuite en faire la promo aux Etats-Unis. 

Mon avis : Je n'ai jamais regardé la série, mais - histoire de ne pas mourir idiote - j'avais regardé le premier film, qui m'avait amusée. Quelques situations cocasses, des belles fringues, New York. Pas génial, mais plaisant. Un film de filles. 

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Tenue fastoche pour le voyage... pas salissant... pratique, cette encolure...

Mais celui-là... oh my God ! Dès le début, je me suis fait cette réflexion : "Mais qu'est-ce que c'est que ces pétasses ?" Les premières images puent déjà le fric, l'étalage, et l'invisibilité totale de ceux qui ne sont pas dans le même cercle. Les beaux quartiers de Manhattan, un mariage où on invite Liza Minnelli, des boutiques de luxe, et des talons de 12 en toutes circonstances, même à la maison ! Bien sûr, on avait déjà ça dans le premier film, mais les filles étaient un peu plus discrètes, un peu plus normales, ça ne m'avait pas choquée. 

Ici, c'est vraiment l'ostentation, et même la vulgarité... Je sens que je vais bien me défouler dans ce billet !

Ces femmes ne représentent en rien des femmes normales (même les friquées), on ne parvient pas à s'identifier, c'est impossible. Trop de marques, trop de chaussures, trop de maquillage, trop de tout. Leurs appartements (Carrie en a même deux...) se trouvent dans les rues chics de Manhattan, décorés avec préciosité, ils se nourrissent au restaurant et chez les traiteurs... Quant à la partie qui se passe à Abu Dhabi, alors là, on dépasse tout ! Certes, elles sont invitées par le dirlo (qui veut que Sam fasse ensuite de la pub pour son hôtel), mais de là à convier également les trois copines, de leur fournir une limousine chacune, un majordome chacune, des fringues Dior et compagnie...  faut pas exagérer ! C'est peut-être censé faire rire, je ne sais pas... Moi désolée, ça me reste en travers de la gorge, quand on sait combien de gens dans le monde rament pour s'en sortir, ou simplement pour se nourrir. Et le choix de cet émirat...

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Tenue tout confort pour la maison

Abou Dhabi est l'émirat le plus riche des Émirats arabes unis avec une économie florissante, qui lui permet de jouer un rôle important dans l'économie mondiale. Mais le reste est loin d'être rose. Le régime est une monarchie héréditaire, qualifiée d'autocratie : bien que les libertés sociales soient présentes, les habitants n'ont aucun droit politique (droit de vote, etc.) et la liberté d'expression est très fortement encadrée. Dans ce pays musulman, dans les lieux publics, une certaine réserve par rapport au comportement à adopter s'impose. Il est interdit de s'embrasser sur la bouche, de boire de l'alcool ou être ivre dans la rue, de faire des gestes grossiers (un doigt d'honneur peut vous valoir un mois de prison), de se balader torse nu pour les hommes ou sexy pour les femmes. Il est également interdit de critiquer les religions monothéistes, et plus particulièrement l'Islam, le pays, le drapeau, ou tout ce qui se rapporte à la nation, aux instances politiques et à la famille royale. Même pour rire ou sur le mode de l'humour, ces critiques sont passibles de prison ferme... Bien qu'on note une certaine tolérance pour les nombreux étrangers, il n'empêche que des expatriés vont régulièrement en prison pour les raisons évoquées ci-dessus. 

Les rôles traditionnels sont toujours enracinés dans la culture. Le viol conjugal n’est pas reconnu et la loi permet aux hommes de discipliner leurs épouses physiquement. Aussi, beaucoup de travailleuses domestiques étrangères sont victimes de trafic et d’abus sexuels ; pire, elles courent le risque d’être emprisonnées pour adultère si elles portent plainte pour violences sexuelles.

Dans le film, les filles se moquent des femmes en tchador ou en niqab... elles les observent pour voir comment elles font pour manger et font tout un tas de plaisanteries de mauvais goût sur le sujet. Sans parler du problème que peut poser l'islam radical, la moindre des choses est de respecter les gens qui vous accueillent et d'essayer de ne pas les offusquer, en restant discrets.

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Tenues idéales pour une balade dans le désert...

Mais ces dames se promènent avec des décolletés insensés, les fesses moulées... et des tenues qui relèvent plus du carneval que de l'élégance élémentaire.

Ah oui, parlons-en de ces vêtements ! Glamour dans le premier film, très Manhattan girl (quoique un peu exagéré... perso je n'en ai pas vues d'attifées comme ça à New York), dans le second on atteint des sommets. Genre les précieuses ridicules ! Des fringues improbables, volumineuses (on imagine la galère pour aller aux toilettes !), extravagantes jusqu'à l'extrême... on ne les porterait même pas pour un mariage ou une soirée, encore moins pour un tapis rouge où un certain classicisme est de mise (sauf quelques extravagantes comme Rihanna)... Des fringues laides et tout sauf chics.  A donner un urticaire géant à Cristina Cordula... Et quand vous les voyez faire du chameau avec leurs talons de 12, alors là on atteint des sommets, c'est le cas de le dire !

Quant aux coiffures... à chaque scène, ça change, on dirait qu'elles sortent de chez le coiffeur (et pas forcément les plus doués...).

Complètement irréaliste en plus. Comme des stars, qu'elles ne sont pas, elles partent avec au moins cinq valises chacune, et elles changent de tenue plusieurs fois par jour ! J'aurais dû compter. C'est tellement dingue que j'avais presque envie de rembobiner pour pouvoir me mettre à compter toutes leurs "panoplies" ! Pour mesurer la hauteur de connerie de toute l'affaire, vous voyez ?

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Et tout ça est finalement d'une vulgarité absolue. Pas dans les mots ; même si Sam a le feu aux fesses, et en parle crûment, les autres non ; le problème n'est pas dans les dialogues. C'est quoi la vulgarité ? C'est ce qui concerne le peuple (dans le sens péjoratif) et par extension tout ce qui est commun, grossier, sans délicatesse, sans éducation. Or, ces filles-là, sous leurs falbalas encombrants, rutilants, dorés, argentés, diamantés, montrent par leurs comportements qu'elles n'ont aucune élégance, aucune classe. Elles ont du fric, elles achètent, mais elles méprisent les autres, se croient supérieures et très intelligentes. Des fleurs de trottoir qu'une soudaine richesse a paré comme des idoles, et qui se pavanent sans savoir comment on se comporte. Il faut voir Sarah Jessica Parker marcher avec ses talons... on dirait une poissonnière, habituée à ses bottes en caoutchouc, qu'on jucherait soudain sur des échasses. On se dit : punaise, mais enlève tes godasses et enfile des baskets, tu seras tellement mieux ! Ou bien on se prend à avoir l'envie qu'elle se ramasse la figure...

D'ailleurs puisque je parle de SJP... c'est le moment effectivement d'évoquer les actrices. Elles sont sympathiques, sûrement, ces filles. Je ne leur veux pas de mal. Mais quand on voit que le film voudrait les faire passer pour des canons, branchées et paragons de l'élégance... laissez-moi rire. Les ont-ils bien regardées ? Ont-ils du caca dans les yeux ? 

Si je vous dis que je trouve que SJP/Carrie n'est pas jolie, je vous choque ? Elle a des yeux étincelants, OK. Mais il faut qu'ils soient très maquillés car ils sont en fait assez petits. Son visage est long (mon mari dit qu'elle a une tête de cheval), son nez bosselé, sa bouche n'a rien de voluptueux. Et elle a les jambes arquées ! Je l'ai observée à plusieurs reprises, et ça m'a fait marrer : si j'avais les jambes comme ça, je m'abstiendrais de mettre des jupes et des robes courtes ! 

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Cynthia Nixon/Miranda est très ordinaire... mais bien maquillée, bien coiffée, ça le fait (comme nous toutes). Le problème, c'est ses dents ; en retrait (ça fait bizarre quand elle sourit) et jaunes. Pas top du tout. On a presque l'impression parfois qu'elle porte un appareil dentaire.

Kim Catrall/Sam... qui joue la cinquantenaire, cougar et hyper sexy, est plutôt jolie. Mais le personnage est hyper vulgaire et détestable. Je ne voudrais pour rien au monde avoir une amie pareille !

Kristin Davis/Charlotte heureusement remonte le niveau. C'est la plus discrète des quatre, justement... La seule qu'on n'a pas envie de baffer à longueur de film !

Car les autres ont l'air de caricatures, à peine réelles, et pas du tout mises en valeur. Leurs petites tares, somme toute bien humaines, accentuent justement la vulgarité dont je parlais : des femmes pas exceptionnelle, sans classe, vêtues de costumes qui ne leur vont pas, mais qui se la pètent grave. 

Allez hop... je suggère un relooking chez Cristina et un stage J'apprends à faire simple et à regarder les gens autour de moi.

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Le scénario ? Ah, oui, le scénario. Ben y en a pas. 4 folles, en rogne après leurs bonhommes respectifs, en goguette aux Emirats où elles pleurnichent parce qu'elles se rendent compte combien leur chéri leur manque !

C'est un gros navet, une énorme daube, obscène et indécente... mais à ce point, ça devient aussi une double curiosité : CINEMATOGRAPHIQUE (faut le voir pour le croire) et SOCIETALE (la décadence de l'Occident). 

Y en a qu'aiment bien... Métro : "peu importe si ce nouveau scénario manque de subtilité et que nos quatre héroïnes se baladent en robes du soir dès le petit-déjeuner (on parle d'un budget de 10 millions d'euros rien que pour les vêtements ), le plaisir de retrouver Carrie, Charlotte , Miranda et l'hilarante Samantha , qui se bat contre les effets de la ménopause sur sa libido , reste intact." Tant mieux pour eux. Mais, moi qui aime tant les films de princesses, celles-ci ne me font, mais alors pas du tout, rêver.

Et puis d'autres qui n'aiment pas : "Les "girls", autrefois si piquantes, sont à bout de souffle (...), leur créateur n'a vraiment plus rien à dire, mais beaucoup d' argent à gaspiller. Un film très " fin de série"." (Télérama) ; "L'héroïne qui nous a fait rêver pendant tant d'années est devenue ce qu'elle a toujours fui, ce qu'elle et ses copines ont toujours pointé du doigt durant leurs brunchs dominicaux : une gourde superficielle, hystérique et puérile, une caricature de nouvelle riche qui pourrait avoir sa place dans un film de Nancy Meyers. RIP Carrie. Tu aurais du rester à New York. Hollywood t'a tué." (FilmActu).

 

 

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19 décembre 2016

UN DEBUT PROMETTEUR - 3/10

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Un film de Emma Luchini (France) avec Manu Payet, Zacharie Chasseriaud, Fabrice Luchini, Veerle Baetens

Aucun intérêt. Next.

L'histoire : Un papa veuf qui vit avec son plus jeune fils, Gabriel, 16 ans, et, désormais, son aîné, Martin, écrivain dépressif et alcoolique depuis que sa femme l'a quitté. Gabriel rencontre une beauté flamande dont il tombe amoureux. Malgré la différence d'âge, la jeune femme se laisse charmer, puis fait la connaissance du frangin. Une amitié amoureuse naît...

Mon avis : Deuxième film de cette jeune réalisatrice, fille de l'acteur Fabrice Luchini. Pas de quoi se relever la nuit, vraiment. Une historiette qui ne va pas au bout de ses audaces... moi j'imaginais la nana se mettre en "couple" carrément avec les trois, le père et les deux fils ! Ben non. Or, c'était la seule idée du film. Sinon, à part quelques jolies fleurs (le père est botaniste), et certaines scènes qui se passent dans les jardins de Monet à Giverny, c'est bien banal, planplan, blabla et compagnie. Le titre est débile, on ne voit pas le rapport avec l'histoire. Par contre, avec la suite de la carrière de la demoiselle, c'est un peu présomptueux, je trouve... Ah ah ah !

La seule chose qui m'a réjouie, c'est de voir un Manu Payet très étonnant dans un rôle totalement à l'inverse de ce qu'il fait d'habitude et c'est une excellente surprise. Grassouillet, barbu (mais pas en mode hipster, en mode je m'en fous), dépressif, alcoolique... il est vraiment bien et c'est de loin, malgré ses excès, le seul personnage attachant.  

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A part cette curiosité, circulez, y a rien à voir.

Quelques critiques indulgentes, qui saluent surtout la prestation de Payet. 

Pour d'autres, c'est carrément la Bérézina : "Une affaire de famille sans grande conviction : on s'ennuie, malgré un vrai quatuor d'acteurs." (Les fiches du cinéma) ; "Pour son deuxième long-métrage, Emma Luchini chasse sur les terres de la comédie sentimentale raffinée mais en revient bredouille." (Le Monde).

 

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18 décembre 2016

PLATOON - 7,5/10

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Un film de Oliver Stone (1987 - UK, USA) avec Tom Berenger, Willem Dafoe, Charlie Sheen, Forest Whitaker, John C. McGinley, Francesco Quinn, Kevin Dillon

Bien mais hélas, aujourd'hui, banalisé... 

L'histoire : Guerre du Vietnam. Chris Taylor arrive sur le terrain. Il n'a que 19 ans mais s'est porté volontaire pour défendre sa patrie, faire honneur à sa famille. Comme tous les "bleus", il est d'abord mené à la dure et moqué. Puis il s'intègre, s'adapte au climat, s'habitue aux missions dans la jungle et à l'horreur des villages vietnamiens incendiés. Son équipe est mené par deux sergents qui s'opposent constamment l'un à l'autre, chacun tentant de ramener les autres à sa vision des choses, et tenant tête en permanence à leur lieutenant...

Mon avis : C'était le temps où Charlie Sheen, tout jeunot, était encore clean (ou à peu près). Et c'est un plaisir de revoir ce jeune acteur, plutôt beau gosse, et plein de promesses. C'est aussi sympa, tous ces comédiens aujourd'hui célèbres, à l'aube de leur carrière. Johnny Depp est tout mimi, Willem Dafoe déjà "inquiétant"... 

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Au-delà de la nostalgie, le film (qui a remporté l'Oscar du meilleur film 1987) nous raconte une fois de plus la guerre du Vietnam, qui a marqué la société américaine durablement, laquelle n'en finit pas de remuer un vieux sentiment de culpabilité. Comme nous, un temps, avec l'Indochine ou l'Algérie. Et puis, actualité oblige, la "mode" passe ; une nouvelle guerre en chasse une autre. Maintenant c'est l'Irak. Demain ce sera la Syrie. Alors, dire que je me suis un peu ennuyée serait sordide : comment peut-on se barber devant des films qui veulent éveiller notre conscience ? Mais à trop dire et répéter les choses... on crée un sentiment de rejet. Surtout, surtout, quand on sait que ce "travail de mémoire", expression fashion, ne sert à rien puisque tout recommence, sans cesse. 

N'empêche que le film est bon, fort, dur parfois (normal, c'est quand même la guerre...) et que son originalité tient dans la rivalité des deux sergents, qui fait écho au conflit lui-même, et constate avec amertume que l'homme n'en a pas fini avec la haine, la jalousie et le goût du pouvoir. On notera la prestation tout en nuances de Mark Moses, aujourd'hui habitué des séries télé, qui campe un malheureux lieutenant, gentil et droit... et donc incapable de diriger cette bande de fortes têtes. 

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Et puis on ne peut qu'être en empathie avec Oliver Stone qui est allé lui-même au combat au Vietnam, en est revenu fortement ébranlé et n'a cessé depuis de dénoncer la guerre et son absurdité. Platoon est le premier film d'une trilogie ayant pour thème la guerre du Vietnam. Il est suivi par Né un 4 juillet en 1989 et Entre Ciel et Terre en 1993 (que j'aimerais bien revoir).

Pour les non-anglophones, platoon veut dire peloton.

 

17 décembre 2016

SABRINA - 7,5/10

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Un film de Billy Wilder (1954 - USA) avec Audrey Hepburn, Humphrey Bogart, William Holden

Divine, exquise Audrey.

L'histoire : Le père de Sabrina, 16 ans, est chauffeur pour une richissime famille d'industriels. Sabrina a toujours été amoureuse, secrètement, du fils cadet, David, un playboy, oisif et volage, qui ne la regarde jamais, de par son âge et sa condition sociale. Elle part étudier la cuisine deux ans à Paris. Elle en revient plus mûre, très élégante, plus posée... et David tombe amoureux d'elle. Enfin ! Mais il est fiancé à Helen et le mariage unit deux grandes familles riches, destinées à travailler ensemble. Le frère aîné essaie donc de faire rapidement capoter cette histoire... mais tombe lui aussi amoureux de Sabrina. 

Mon avis : J'avais vu le remake de Sydney Pollack, que j'avais trouvé très très mou. D'ailleurs, toute la presse et tous les fans disaient que l'original était beaucoup mieux. Fan d'Audrey Hepburn, je n'en doutais pas et cela faisait un moment qu'il était sur ma liste. Voilà, c'est chose faite, je l'ai vu.

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Et bien... il n'y a pas photo ! Les choses que je reprochais au premier sont ici parfaitement traitées : par exemple, on sait que Sabrina reste deux ans à Paris, ce qui lui donne le temps de mûrir, de changer, sans pour autant qu'il y ait un changement radical dans son physique. C'est la même, en mieux : moderne, élégante, et on sait qu'un vieux baron attendri lui a appris tous ces codes. Quant elle revient, elle a l'air d'avoir deux ans de plus, d'être plus femme, normal. Dans le Pollack, on aurait dit qu'elle avait carrément pris dix ans. 

Les je-t-aime/moi-non-plus sont un petit peu plus clairs, la psychologie des personnages est mieux écrite. Sabrina retrouve son amour de petite fille... qui est resté tel qu'en lui-même : un amour de petite fille. Quand elle fait la connaissance (réelle) du frère, elle comprend que cet homme-là lui correspond beaucoup mieux mais elle ne sait plus quoi faire pour ne pas passer pour une fille volage, qui jette un garçon pour se jeter à la tête de l'autre. Elle est bien élevée.

Tout est plus clair, plus cohérent et Audrey irradie comme un soleil. Bien plus que Julia Ormond qui est pourtant une actrice que j'aime bien. Mais Audrey... qui peut rivaliser avec Audrey ?

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Cependant, il n'empêche que ce n'est pas ma comédie romantique préférée. J'adore les contrastes, ça oui, c'est un ressort qui me plaît énormément ; mais je n'aime guère quand il y a trois personnages ; c'est toujours un peu casse-gueule d'expliquer en cours de film pourquoi il y a changement de cavalier(e) sans faire passer les protagonistes de l'histoire pour des coeurs d'artichaut, peu crédibles. Même si certains réalisateurs y arrivent. Dans Bridget Jones par exemple, notre héroïne en pince pour Daniel avant de s'apercevoir que c'est Darcy son grand amour. Mais on sait que ça ne marchera jamais avec Daniel parce que c'est un super séducteur et qu'il n'y a rien à en tirer, il veut du sexe et c'est tout. Alors que Darcy est le grand romantique, qui attend dans l'ombre. Ici, David a l'air vraiment amoureux de Sabrina. Et puis dans ces années-là, on ne parle pas d'attirance sexuelle, donc tout se brouille un peu. A la fin, il s'en détache soudainement, sans aucun problème, quand il comprend que son grand frère est amoureux. Et Sabrina hésite quand même beaucoup... Je trouve leur comportements un peu légers, ou alors c'est le film qui n'a pas su trouver le bon rythme.

Pour clore le tout, je dirais que Humphrey Bogart n'est pas très séduisant... Il avait trente ans de plus que Audrey Hepburn, ça se voit, et ça fait beaucoup. Le couple Harrison Ford/Julia Ormond fonctionne mieux à ce niveau.

Donc, oui, c'est beaucoup mieux, mais ce n'est pas ma romcom favorite.

 

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16 décembre 2016

BURYING THE EX - 7,5/10

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Un film de Joe Dante (2014 - USA) avec Anton Yelchin, Ashley Greene, Alexandra Daddario, Oliver Cooper

Très drôle !

L'histoire : Max et Eve s'aiment d'amour tendre... enfin presque : c'est pas facile tous les jours. Eve est du type collant et mono-maniaque : écolo, vegan, elle impose son mode de vie à son homme et ne tolère pas la moindre incartade à ses principes. Des fois, il en a marre, Max... Vendeur dans une boutique qui vend du monstre (masques, costumes, objets rigolos, livres), il reçoit un jour une drôle de statuette d'un satan qui exauce les voeux. Il ne souvient pas l'avoir commandé et le range négligemment dans ses étagères. Lors d'une visite d'Eve au magasin, elle embrasse encore passionnément son chéri et lui fait promettre qu'ils ne se quitteront jamais, que rien ne pourra les séparer, même pas la mort. Ce que notre petit satan enregistre immédiatement... Le jour où Max se décide enfin à annoncer à Eve qu'il veut la quitter, elle se fait écraser sous ses yeux par un bus... Enterrement. Max se sent coupable mais entame une nouvelle relation ; son amour pour Eve était fini. Et puis un soir ça sonne à la porte : Julie-pot-de-colle est revenue d'entre les morts...  

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Mon avis : Un film de zombies méconnu, concocté par Joe Dante (Les Gremlins, entre autres) et que j'ai vu grâce au billet enthousiaste de Tina sur son blog. Donc merci Tina, on a bien rigolé !

Le début est un tout petit peu lent. On a hâte que la dulcinée sorte de sa tombe, car c'est évidemment là que ça commence à être drôle. Et j'ai particulièrement apprécié la prestation d'Ashley Greene, qui malgré un maquillage un peu poussif (pas grave, c'est une comédie, on n'est pas dans The walking dead), réussit à insuffler une vraie folie à son personnage. Des gros gags burlesques, et parfois gore, pour réussir à se débarrasser de cette encombrante ex fiancée !

Je ne vais pas écrire des pages là-dessus... c'est juste très marrant et puis voilà ! N'hésitez pas et patientez un peu au début.

C'est aussi une occasion de revoir Anton Yelchin, un jeune acteur très prometteur, mort en 2016, à 27 ans, dans un accident de voiture.

A priori, le film n'est pas sorti en salles en France, seulement en DVD.

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Télérama : "A défaut des films plus ambitieux dont il n'arrive pas à trouver le financement, Joe Dante, ex-wonderboy du cinéma fantastique (Piranhas à 32 ans, Gremlins à 38) s'amuse avec cette fable cheap et sympathique qui établit une vérité d'airain : toute personne amoureuse de quelqu'un(e) qui ne l'aime plus devient un zombie pour l'autre... Selon sa propre opinion, on appréciera ou non que les geeks amateurs de cinéma fantastique soient montrés comme la norme et les jeunes femmes aux préoccupations écolo comme des maniaques... Mais les comédiens y vont de bon coeur, notamment l'excellent Anton Yelchin, jeune premier d'avenir (vu chez Jarmusch). Outre d'appréciables effets sanguinolents, Joe Dante régale d'excellents dialogues-digressions sur le cinéma fantastique, notamment sur le rôle du producteur Val Lewton dans les années 1940. Pointu !"

Sens critique : "sans être un chef d'oeuvre, le papa de Gizmo livre un petit film indépendant, sans prétention où tout le monde semble s'être fait plaisir, provoquant un effet communicatif. "

Critikat : "Joe Dante a encore son âme de cinéaste et d’amoureux du cinéma, même attelé à un film qui semble pensé pour boucler les fins de mois en surfant sur un genre populaire (ou qui l’a été). Dommage que l’on ne le voie pas ici prendre son film plus à bras le corps, jouer de la forme comme il a su le faire auparavant pour exprimer ses idées et rendre les scènes plus savoureuses"

Voilà, vous faîtes comme vous voulez...  

 

 

15 décembre 2016

EX MACHINA - 6/10

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Un film de Alex Garland (2015 - USA) avec Domnhall Gleeson, Alicia Vikander, Oscar Isaac

Esthétique, mais lent et sans surprise.

L'histoire : Caleb, petit génie informatique gagne un concours dont le prix est un stage de huit jours chez le grand patron de son entreprise, Nathan, fabricant de robots androïdes, qui travaille, seul dans un endroit isolé, sur l'intelligence artificielle : comment donner réellement vie et libre arbitre à des machines ? Il est question du test de Turing (celui qui déchiffra le code de la machine nazi Enigma pendant la Seconde guerre mondiale) : deux personnes se parlent, sans se voir ; dont l'un est un humain, l'autre on ne sait pas : à lui de deviner. Le jour où il certifiera avoir conversé avec un autre humain... alors qu'il s'agissait d'un robot, on pourra dire que l'intelligence artificielle est née. Pour l'heure, Nathan présente à Caleb Ava, sa dernière "née". Si belle, si "réelle" dans ses gestes et dans ses paroles qu'il pense approcher du but ultime. Nathan souhaite que Caleb converse avec elle pour détecter les failles. Mais le jeune homme tombe peu à peu amoureux...

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Mon avis : Déçue par ce film qui portrait 3 étoiles sur le Télé Loisirs, et dont je ne me souvenais pas du tout de la promo, ni d'articles, ni de quoi que ce soit ; ce qui était donc, à vrai dire, un peu inquiétant. Soupçons confirmés. 

Le début est pas mal, prometteur, avec ce scientifique isolé (mais on se demande comment il arrive à faire tout ce travail - qui exige beaucoup de matos pointu - dans un endroit à mille lieues de toute civilisation...), cette très jolie androïde (d'ailleurs ne devrait-on pas dire gynoïde ?) et ce début de romance. Mais c'est lent, ça dure, ça tourne en rond... et le type amoureux d'un robot, on a déjà vu ça plusieurs fois (le plus émouvant était dans Blade Runner, 1982).

Je m'attendais à ce qu'il se passe quelque chose d'autre. Oui, à la fin, au moment où tout est si creux qu'on commence à s'assoupir ; bien vu ! Mais au final, du convenu, du téléphoné, l'évidence. 

Un élément de réflexion intéressant : la vie des internautes en ligne est désormais la plus grande source de données existante. Toutes nos recherches, tous nos choix, tous nos clics, sont répertoriés dans des historiques et toutes ces informations combinées, recoupées, résument notre monde moderne. Dans le film, Nathan est le propriétaire d’un moteur de recherche appelé Bluebook (l’équivalent fictionnel de Google) et c’est avec des données informatiques qu’il parvient à sculpter l’esprit d’Ava sur le modèle de l’humanité. Mais le concept n'est à mon avis pas assez développé, il ne marque pas assez l'esprit du spectateur lambda, et, pour les autres, un peu chtarbés comme moi qui sont continuellement dans l'anticipation, quelque part, on sait déjà tout ça depuis longtemps. Google s'annonçant comme futur maître du monde...

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J'en garde un souvenir de très belles images, de très beaux visages (Gleeson et Vikander), d'une maison vachement sympa, design, en pleine forêt. Mais basta. L'histoire est du vu et revu. 

Les critiques sont pourtant très enthousiastes : étonnant, glaçant, fascinant... Faut rien exagérer ! Ils n'ont jamais vu aucun film de SF ou d'anticipation avant ? Je préfère cette vision plus réaliste de la chose : "Bien que lent et bavard, ce huit clos futuriste séduit par son atmosphère inquiétante et paranoïaque mais aussi par sa relecture du mythe de Frankenstein, en montrant l'émancipation inéluctable d'une créature devenue autonome et capable de manipulation pour gagner sa liberté." (Le Journal du Dimanche) et je rejoins absolument Mad Movies : "ce film de scénariste a des acteurs et des décors plutôt cools, mais son script est un peu cousu de fil blanc.", L'huma : "La mise en scène stylée ne parvient pas à masquer le caractère oiseux des réflexions sur l'intelligence artificielle et ses dérives." ou Les Inrocks : "Pour estomper la teneur foncièrement théâtrale du projet, on a travaillé le design du film à l’extrême (style pub pour parfum ou vêtements de luxe)."

Scénariste, notamment pour Danny Boyle, Alex Garland signe là son premier film en tant que réalisateur. Un comble : l'esthétique est parfaite... c'est le scénario qui pèche ! 

 

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14 décembre 2016

DES VENTS CONTRAIRES - 7/10

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Un film de Jalil Lespert (2011 - France, Belgique) avec Benoît Magimel, Antoine Duléry, Bouli Lanners, Isabelle Carré, Marie-Ange Casta, Ramzy Bedia, Audrey Tautou

Mélo, mais joliment raconté et très bien interprété.

L'histoire : Paul, marié, deux enfants, est écrivain, désargenté, et reproche parfois à sa femme, qui est infirmière, de lui laisser trop souvent les enfants à gérer, qu'il a besoin de temps et de solitude pour écrire. Un soir, après une dispute, Sarah sort pour aller travailler, mais ne revient pas. Pendant un an, désespéré, Paul collabore avec la police pour tenter de la retrouver. Rien. Il décide de tourner la page et emmène ses enfants à Saint-Malo, sa ville natale, où son frère lui offre un job dans son entreprise. Malgré son désir de redonner une vie normale à ses enfants, les tourments sont toujours présents pour Paul comme pour les petits : pourquoi est-elle partie, était-elle si malheureuse avec eux, est-ce de leur faute, reviendra-t-elle un jour ? Et puis la vie continue d'être compliquée, avec un frère qui s'avère jaloux et rancunier, des flics qui l'embêtent parce qu'il a hébergé un autre papa seul, coupable d'avoir enlevé son fils qu'on lui interdit de voir... L'éclaircie viendra-t-elle ? Pourra-t-il un jour écrire à nouveau ?

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Mon avis : Je n'y croyais pas trop. Un film français, un drame, Benoît Magimel, que j'aime bien mais qui est souvent inégal... pas forcément très encourageant. Et en même temps j'étais assez curieuse de voir un second film de Jalil Lespert, après son Yves Saint Laurent, que j'avais bien aimé, mais sans plus : un poil trop académique, trop lisse, par rapport aux personnages dépeints. 

Et bien je me suis laissée prendre à cette histoire (adaptée d'un roman d'Olivier Adam), filmée là aussi de façon très classique (mais ça ne me gêne pas du tout pour des gens du peuple, "normaux" quoi). L'émotion est sans cesse présente, toutes les émotions, l'amour, la colère, le chagrin, la tendresse, l'incompréhension... Mais malgré tout on ne sombre pas dans le mélo pur et dur qui arrache des larmes. Le personnage se tient droit, il ne chouine pas sur son sort et Magimel l'incarne avec cet esprit volontaire, cette dignité, cette masculinité (un homme ne pleure pas) qui rendent le bonhomme très touchant, mais aussi d'un certain côté admirable. Ce n'est pas si souvent que l'on voit dans le paysage cinématographique des papas seuls avec leurs enfants, essayant de tout gérer au mieux, l'intendance, les calins, et la vie personnelle, le plus difficile à caser dans un quotidien chargé. Il est entouré par des acteurs également parfaits : Bouli Lanners, Antoine Duléry qui fait moins le comique que d'habitude et ça lui va bien, Isabelle Carré en flic froide et dure... 

On notera cependant au casting Marie-Ange Casta, la soeur de Laetitia, mannequin et prétendument comédienne. Et bien la petite s'attaque également au cinéma on dirait. Elle est pire que la grande... moins jolie, sans charme et sans talent. Et si la famille Casta nous laissait tranquilles ?

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Le hasard des programmations télé fait que, lorsque nous avons terminé le film, et zappé un peu avant d'éteindre le poste, comme disait ma grand-mère, on est tombé sur La vie est un long fleuve tranquille... avec le même Benoît Magimel, mais à 13 ans. Trop marrant !!! 

La critique est partagée :

Ils aiment bien : "[Benoît Magimel] trouve ici un grand rôle, porté par le réalisateur Jalil Lespert, qui réussit un second film brillant, tempétueux, poignant, mais aussi plein d'espoir." (Le Journal du Dimanche) ; "tant pis si ici et là il se laisse déborder par les dérives du mélo, le plus souvent [Jalil Lespert] contrôle le déversement des émotions contradictoires (...). Chaleureux, émouvant, délicat." (Ouest France)

Ils n'aiment pas : "On évolue ici entre le flou, l'anecdotique, le puéril et les diversions inutiles à l'intrigue. Tout finit par sonner faux, y compris les rapports père-enfants, clef de ce drame brouillon." (Le Figaroscope) ; "Trop trouillard pour manipuler la glace et le feu, le film s'abrite sous la grisaille pour nous sourire, tout fier d'avoir enfin découvert l'eau tiède." (Les Cahiers).

Entre les deux, une floppée de journalistes qui aiment bien mais dénoncent ici ou là quelques maladresses, quelques facilités, quelques situations convenues (en même temps, chez les gens "normaux", beaucoup de situations sont forcément récurrentes, donc convenues...).

 

13 décembre 2016

21 NUITS AVEC PATTIE - 7,5/10

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Un film de Jean-Marie et Arnaud Larrieu (2015 - France) avec Isabelle Carré, Karin Viard, André Dussollier, Denis Lavant, Sergi Lopez, Philippe Rebbot, Laurent Poitrenaux, Jules Ritmanic, Mathilde Monnier

Farfelu, voire onirique... et décomplexé. 

L'histoire : Caroline, parisienne, mariée, mère de famille, arrive seule dans un petit village de l'Aude, suite au décès de sa mère, qu'elle ne connaissait quasiment pas. Elle était voyageuse, indépendante, libertine, et a confié l'éducation de sa fille à ses parents. Caroline, qui vient juste pour les funérailles, rencontre Pattie, la femme de ménage... qui se met tout de suite à lui raconter ses dernières aventures sexuelles, ce qui choque un peu la jeune femme. Les autres gens du village semblent tous aussi joyeux, profitent des joies simples de la vie, et préparent une grande fête pour le 15 août. Mais le lendemain matin, c'est la stupeur : le cadavre a disparu... Sans doute un amoureux éploré, suggère le capitaine de gendarmerie...

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Mon avis : Un film des frères Larrieu ! J'ai commencé par râler : c'était à mon homme de choisir, et il me sort ça. "Euh... lui dis-je, c'est les Larrieu... ça va être très nul et très chiant" car j'ai détesté tout ce que j'ai vu d'eux pour l'instant. Mais le chéri a l'optimisme chevillé au corps : "Oui, mais celui-là est peut-être bien et les critiques sont bonnes." Moi, désabusée et navrée : "Evidemment... si tu fais confiance aux critiques." Bon la démocratie est ce qu'elle est, chacun son tour. En avant. 

Et bien j'ai été conquise dès les premières minutes. Décor, ambiance rapidement en mode délire, entre Caroline la coincée, et Pattie, qui raconte ses histoires de fesses avec gourmandise et un langage pas piqué des hannetons ! D'habitude, j'ai horreur de ça, moi la pudique et la romantique ; je me sentais comme Caroline : stupéfaite et un peu choquée. Mais le charme et le bagout de Karin Viard sont dévastateurs ! Elle ouvre les vannes d'une chose finalement on ne peut plus "naturelle", et c'est d'ailleurs souvent le message des frères Larrieu : l'harmonie avec la nature et la libération des corps. Et par là-dessus, vous avez un cadavre qui disparaît. Ils jouent avec deux tabous (sexe et mort), sans aucun complexe, avec une sorte de poésie loufoque, des personnages à moitié cinglés (et qui ont raison de l'être) dans une campagne absolument sublime (l'Aude, pays natal des Larrieu) et irradiée de soleil qui joue avec les arbres. L'énigme qui entoure la disparition du corps n'est qu'un prétexte, on voit parfois un fantôme, qui continue à faire des facéties... comme si elle avait voulu faire une dernière blague avant de tirer son ultime révérence.

Le format carré contribue à faire de ce film une sorte de petit conte, au plus près des choses, de l'essentiel. La morale de l'histoire est hélas un peu convenue, avec notre Caroline qui - évidemment - ouvre ses chakras au contact de ses nouveaux amis et saute sur son mari comme une chatte en chaleur. Le monsieur en est fort réjoui, il n'y croyait plus.

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Les acteurs, formidables, donnent aussi beaucoup. La caméra les suit, avec grâce, sensualité, amour. Les dialogues, très crus, deviennent presque des poèmes (ça m'a rappelé un peu Mon homme de Bertrand Blier). Je rassure les farouches comme moi, pas de scènes hot, tout est dans les conversations ! Et c'est vraiment très drôle. Hommage à Karin Viard, la bombe humaine ; André Dussollier, fou à  lier ; et Denis Lavant, obsédé sexuel au parler incompréhensible ("mais on s'en fout complètement, non ?" déclare la bouillante Pattie)...

Franchement, il y a longtemps qu'un film français ne m'avait pas fait rire autant. Mais pas que. J'ai aimé aussi le joli message "naturaliste", leitmotiv des Larrieu, mais qui passait mal dans leurs autres oeuvres : c'est bientôt la fin du monde, profitons de notre belle planète et faisons l'amour.

Ils le disent aussi : "En définitive, ce film bucolique et libertaire célèbre avec hardiesse les mots, la chair (peu montrée), le désir, la parole. Dans ses réjouissants égarements, il convie même la vie et la mort à la même table. Bon appétit !" (Métro) ; "Une sorte d'ailleurs fantastique et improbable, mais plein d'une tonique envie de vivre les choses de l'amour." (Ouest France) ; "Jamais les Larrieu n'ont filmé une nature aussi magique, et leur douce lumière auréole Isabelle Carré telle une Alice au pays des merveilles." (Télérama, moi aussi j'ai beaucoup pensé à Alice au Pays des Merveilles !). Etc. etc. etc.

 

12 décembre 2016

STRICTLY CRIMINAL - 8/10

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Un film de Scott Cooper (2015 - USA) avec Johnny Depp, Joel Edgerton, Rory Cochrane, Benedict Cumberbatch, Kevin Bacon, Jesse Plemons, Peter Sarsgaard, Corey Stoll

Excellent polar.

L'histoire : Boston, années 70. James Bulger et John Connelly étaient amis lorsqu'ils étaient enfants. Le premier est devenu gangster, froid, avide de pouvoir et de richesse, mais régnant pour l'instant sur un petit quartier. Le second est agent au FBI... Les deux hommes ne se voient plus, mais Connelly s'inquiète de voir le réseau policier s'agacer des méfaits de Bulger, qu'on n'arrive jamais à pincer, ce qui quelque part le rassure, car il éprouve toujours une loyale affection envers son ami d'autrefois. Il a l'idée de faire de Bulger son indic. Il sera ainsi "protégé" et donnera au FBI des renseignements de première main sur la mafia italienne qui étend son territoire, ennemi public n° 1. Il réussit à convaincre sa hiérarchie, pas franchement convaincue, puis Bulger lui-même, qui ricane, et voit là, sans le dire bien sûr, le moyen de démanteler les autres gangs et de devenir le nouveau maître de Boston. L'arrangement marche un temps... mais la direction de Connelly commence sérieusement à se fatiguer du peu d'informations lâchées par Bulger, qui continue tranquillou à mener ses petites affaires, en laissant des tas de cadavres derrière lui...

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Mon avis : Il s'agit d'une histoire vraie. Et elle est violente. Bulger est le type même du gangster, le vrai, le dur, le très méchant : sous une apparence vaguement pateline, une personnalité borderline qui tue sans aucune émotion tout ce qui le gêne. Et un regard magnétique, terrifiant. Mais le réalisateur réussit quand même à donner au personnage une once d'humanité, au travers de sa fidélité envers sa maman, son frère et son petit garçon. On devine une enfance très pauvre, qui n'excuse pas, mais donne des clés pour la compréhension de cette "brute".

Pour l'incarner : Johnny Depp. Curieux choix quand on sait que l'homme était blond aux yeux bleus. Pour la calvitie, OK, ce ne sera pas le premier acteur à revêtir le plastique crâne chauve, mais pour les yeux, ça fait tout de même bizarre, d'autant que les lentilles sont vraiment d'un bleu très pâle et l'iris très grand. Alors pourquoi Johnny ? N'y avait-il pas un autre acteur plus ressemblant disponible ? Ou Mr Depp a-t-il fait son caprice pour décrocher ce rôle ? On lui pardonnera : il est FANTASTIQUE et m'a fait froid dans le dos. Mais ça reste un peu bizarre de l'avoir pris, lui. D'après ce que j'ai pu glaner ici et là, en fait on reste dans le délire de Johnny pour le maquillage, tout simplement. Il dit adorer se mettre dans la peau d'un autre, à l'opposé de sa propre personnalité, et toute la partie physique de la transformation le passionne et l'aide à trouver son interprétation.

 Scott Cooper  explique à quel point l' acteur a cherché à faire du personnage quelqu'un de complexe :  "Il tenait à en montrer la folie meurtrière, la malveillance, la cruauté – et la part d' humanité aussi. Il y avait là un risque car on ne voulait surtout pas qu'on puisse nous accuser d'avoir humanisé un homme qui incarnait le mal absolu. Et nous n'avons pas hésité à évoquer les différentes facettes de sa brutalité."  

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Casting exceptionnel autour de Johnny : du très beau linge. Peu de rôles féminins, et très courts, mais chaque interprétation est parfaite et marquante : Dakota Johnson, l'ex-compagne ; Juno Temple, prostituée ; Julianne Nicholson, épouse de Connelly. Et un scénario parfaitement maîtrisé, qui m'a tenue en haleine du début à la fin, alors que les films de gangsters ne sont pas forcément mes préférés. Une histoire dingue... qu'on croirait inventée si elle n'était pas réelle : ce type du FBI qui restera loyal jusqu'au bout à son ami d'enfance. Dingue. Bulger fut l'un des plus grands et puissants gangsters que l'Amérique ait connu.

De très belles images de Boston, depuis son port à ses terrains vagues, de ses quartiers pauvres à ceux plus huppés.

Je n'avais pas trop aimé Les brasiers de la colère, de Scott Cooper. Mais là, je dis chapeau, et j'attends le prochain !

Whitey Bulger a été pendant plus de douze ans, de 1999 à 2011, un des hommes les plus recherchés des États-Unis . Il était notamment traqué pour vol, meurtre, association de malfaiteurs en vue de commettre un meurtre, extorsion et trafic de stupéfiants. Le FBI offrait deux millions dollars à quiconque détenait des informations pouvant aider à sa capture, une récompense seulement dépassée par les vingt-cinq millions de dollars offerts pour des informations sur Ben Laden. Arrêté en 2011, il finira ses jours en prison ; il a actuellement 87 ans.

Si Bulger a lointainement inspiré les personnages campés par Jack Nicholson et Pete Postlethwaite dans Les infiltrés et The town respectivement, il n’avait pas encore eu le droit à son biopic. Pendant une décennie, Strictly criminal va donc passer entre les mains de diverses sociétés de production, de divers scénaristes ou réalisateurs, être envisagé comme film, puis comme mini-série, avant d’échoir à Barry Levinson au milieu des années 2010. Johnny Depp est alors engagé pour camper Bulger. Mais les prétentions salariales de Depp mettent le film au placard. Lorsqu’il en ressort plusieurs mois plus tard, l’acteur est toujours là, mais plus Levinson. Scott Cooper, fort des réussites de Crazy heart et Les brasiers de la colère, est chargé de réécrire le script et de réaliser le film. En France, le titre original Black mass, qui évoquait la face sombre de Boston, les messes noires, la masse noire qui désigne une tumeur etc, est changé pour devenir ce banal Strictly criminal qui, restant paradoxalement anglo-saxon, ne veut pas dire grand-chose.  

Les critiques sont très très enthousiastes, saluent l'intensité de la mise en scène et la prestation hallucinante de Johnny Depp. Je suis 100 % d'accord.

Il y a pourtant quelques réfractaires : "Un mafia movie qui se vautre dans le pastiche scorcésien et offre à Johnny Depp une énième composition de bouffon transformiste" (Les Inrocks) ou "Dans "Black Mass", tout a été tellement vu et revu que le film, effroyablement non-surprenant, finit par ressembler à une compilation de passages obligés, perdu dans les automatismes d’une écriture condamnée à rejouer éternellement les mêmes gammes avec de moins en moins de conviction." (Critikat).

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